Unité 9 — Monologue : présenter un dossier

Parcours E (lycée) · classe 13 · Niveau E

Modèle : Activer → Apporter → S’entraîner → Produire → Réfléchir · Niveau : E (Leistungsfach — classe 13)

Objectifs Link to heading

  • Je peux structurer un exposé oral de 10 à 15 minutes autour d’une thèse personnelle claire (introduction, développement en trois axes, conclusion).
  • Je peux enchaîner mes idées à l’aide de connecteurs logiques et de phrases de transition pour donner à mon monologue de la cohésion.
  • Je peux présenter un dossier avec une bonne prosodie : débit maîtrisé, regard adressé à l’auditoire, gestion du temps.
  • Je peux rédiger le plan écrit d’un dossier (environ 500 à 600 mots) qui prépare et soutient ma prise de parole.
  • Je peux réagir aux questions de l’examinateur·rice dans une courte phase de dialogue.

Situation de départ Link to heading

Deux élèves de terminale se préparent à l’épreuve orale.

Nadia : J’ai tout appris par cœur, mais quand je parle, on dirait que je récite une liste. Ça ne tient pas debout.

Yann : Le problème, ce n’est pas ce que tu dis, c’est comment tu relies tes idées. Tu passes du point 1 au point 2 sans transition. L’examinateur se perd.

Nadia : Donc il ne suffit pas d’avoir six références et une thèse ?

Yann : Non. Il faut aussi montrer le chemin : « d’abord… », « ce qui nous amène à… », « on pourrait objecter que… ». Ce sont les panneaux qui guident celui qui t’écoute.

Questions d’activation

  1. Quel est le vrai problème de Nadia, d’après Yann ?
  2. Selon vous, qu’est-ce qui distingue un exposé récité d’un exposé structuré ?
  3. Citez deux expressions qui servent à « montrer le chemin » dans un monologue.

1. Activer Link to heading

Avant d’apporter du vocabulaire nouveau, mobilisez ce que vous savez déjà.

  • Avez-vous déjà présenté un exposé long (plus de dix minutes) en cours ? Sur quel sujet ?
  • Qu’est-ce qui vous met le plus en difficulté : trouver les idées, les organiser, ou les dire devant un public ?
  • Quand vous écoutez un·e camarade, à quoi reconnaissez-vous qu’un exposé est bien construit ?
  • Quels mots utilisez-vous déjà pour passer d’une partie à une autre ?

Notez trois expressions de transition au tableau : la classe complètera la liste au fil de l’unité.

2. Apporter Link to heading

A. Vocabulaire — présenter un dossier Link to heading

FrançaisFonction / sens
une thèse (personnelle)l’idée directrice que l’on défend
un axe / une partieune grande division du développement
une transitionla phrase qui relie deux parties
un connecteur logiquemot-outil qui articule les idées (or, ainsi, cependant…)
étayer / appuyersoutenir une idée par un exemple ou une référence
une référenceune œuvre, un fait, une citation citée à l’appui
nuancerapporter une réserve, éviter l’affirmation trop tranchée
une ouverturel’élargissement final vers une autre question
le débitla vitesse à laquelle on parle
la prosodiel’intonation, le rythme et les pauses

Point de langue — les connecteurs de la cohésion

Un monologue cohérent se reconnaît à ses articulations. Classez-les par fonction :

  • Ordre / progression : d’abord, ensuite, puis, enfin.
  • Addition : de plus, par ailleurs, en outre.
  • Cause / conséquence : car, en effet, ainsi, par conséquent, c’est pourquoi.
  • Opposition / concession : mais, cependant, toutefois, certes… mais, on pourrait objecter que.
  • Reformulation / illustration : autrement dit, c’est-à-dire, par exemple, ainsi.
  • Conclusion : en somme, en définitive, pour conclure.

Astuce : placez une vraie transition (une phrase, pas un seul mot) entre deux axes : « Après avoir vu comment Maupassant peint la société, voyons maintenant comment il en dénonce les faux-semblants. »

B. Dossier-modèle (texte original) — « Maupassant : le regard qui déshabille la société » Link to heading

Introduction (1 min). Guy de Maupassant (1850-1893) a écrit plus de trois cents nouvelles et six romans en une décennie seulement. Je défendrai l’idée que son écriture réaliste n’est jamais neutre : elle observe pour dénoncer. Trois axes guideront mon propos : le regard social, la mécanique de l’hypocrisie, puis la fêlure intérieure.

I. Le regard social (3-4 min). Dès Boule de suif (1880), Maupassant place sous nos yeux une diligence pleine de « gens bien » qui abandonnent celle qui les a nourris. Le récit fonctionne comme une loupe posée sur les lâchetés ordinaires. Ainsi, le narrateur ne juge pas ouvertement : il montre, et c’est le lecteur qui condamne.

II. La mécanique de l’hypocrisie (3-4 min). Ce qui nous amène au roman Bel-Ami (1885). Georges Duroy y gravit tous les échelons par le mensonge et la séduction. Cependant, Maupassant ne fait pas la morale : il décrit un système où l’arrivisme est récompensé. Dans la préface de Pierre et Jean (1888), il revendique d’ailleurs une esthétique lucide : « donner une vision plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même ».

III. La fêlure intérieure (3-4 min). Enfin, l’observateur se retourne vers lui-même. Le Horla (1887) fait basculer le réalisme dans l’angoisse : le narrateur se sent épié par une présence invisible. Autrement dit, le même regard aigu qui scrutait la société finit par sonder la folie.

Conclusion et ouverture (1 min). En définitive, Maupassant observe la société pour mieux en révéler les mensonges, jusqu’à retourner cette lucidité contre lui-même. On pourrait alors se demander si le roman réaliste peut jamais être un simple miroir — ou s’il est toujours, déjà, une prise de position.

Ce dossier tient en environ 320 mots ; à l’oral, il occupe une douzaine de minutes une fois développé par des exemples précis.

C. Note culturelle — le « conte » et la « nouvelle » réalistes Link to heading

D’après l’encyclopédie collaborative Wikipédia (CC BY-SA), Guy de Maupassant est l’un des maîtres de la nouvelle française du XIXᵉ siècle : en une dizaine d’années d’activité littéraire intense, il publie plusieurs centaines de récits brefs avant que la maladie ne l’écarte de l’écriture. Rattaché aux mouvements réaliste et naturaliste, il fut proche d’Émile Zola et l’élève de Gustave Flaubert, qui lui aurait enseigné l’exigence du mot juste et de l’observation précise. Ses œuvres, aujourd’hui dans le domaine public, peuvent être lues, citées et étudiées librement — ce qui en fait un excellent support pour un dossier scolaire. (Facts paraphrasés ; voir Sources.)

3. S’entraîner Link to heading

Ex. 1 — Repérer la structure (compréhension). Relisez le dossier-modèle (B). a) Quelle est la thèse défendue ? b) Nommez les trois axes du développement. c) Repérez et recopiez la phrase de transition qui introduit l’axe II.

Ex. 2 — Classer les connecteurs (langue). Classez ces connecteurs selon leur fonction (ordre, opposition, cause/conséquence, reformulation) : par conséquent · toutefois · autrement dit · d’abord · en effet · c’est-à-dire · enfin · cependant.

Ex. 3 — Combler les transitions (production guidée). Complétez avec une transition d’une phrase complète.

Axe 1 : Maupassant peint une société hypocrite. ______________________ Axe 2 : son écriture fait aussi place à l’angoisse intérieure.

Ex. 4 — Plan-éclair (transfert). En trois axes seulement, esquissez le plan d’un dossier sur le sujet : « Le fantastique chez Maupassant : peur réelle ou folie ? » Formulez d’abord une thèse en une phrase, puis les trois axes.

Solutions Link to heading

Ex. 1. a) L’écriture réaliste de Maupassant n’est jamais neutre : elle observe pour dénoncer. b) I. Le regard social ; II. La mécanique de l’hypocrisie ; III. La fêlure intérieure. c) « Ce qui nous amène au roman Bel-Ami (1885). »

Ex. 2.

  • Ordre / progression : d’abord, enfin.
  • Opposition / concession : toutefois, cependant.
  • Cause / conséquence : par conséquent, en effet.
  • Reformulation : autrement dit, c’est-à-dire.

Ex. 3. Réponses libres. Modèle attendu : « Après avoir montré comment Maupassant dénonce l’hypocrisie sociale, voyons à présent comment ce même regard lucide se retourne vers le trouble intérieur. » (Une phrase complète, pas un simple mot.)

Ex. 4. Réponses libres. Modèle : Thèse — chez Maupassant, le fantastique naît moins du surnaturel que de l’effondrement de la raison. Axes — §1 les signes d’une menace extérieure (Le Horla) ; §2 les indices d’une conscience malade ; §3 l’ambiguïté volontairement non résolue.

Différenciation

  • (G) base : fournir aux élèves la liste des connecteurs (point de langue A) pendant les exercices 3 et 4 ; n’exiger qu’une transition à l’Ex. 3.
  • (M) intermédiaire : exiger l’Ex. 4 avec thèse + trois axes rédigés.
  • (E) approfondissement : à l’Ex. 4, ajouter une ouverture finale et deux références précises par axe ; interdire de réutiliser un connecteur déjà employé.

4. Produire Link to heading

Tâche (écrit + oral) — préparer et présenter votre dossier.

Choisissez un·e auteur·e du domaine public (Maupassant, Flaubert, Hugo, Baudelaire, Maupassant, Zola…) ou un thème littéraire.

  1. À l’écrit : rédigez le plan de votre dossier (~500-600 mots) : une thèse personnelle, trois axes, six références, cinq transitions rédigées, une ouverture.
  2. À l’oral : présentez ce dossier en 10 à 15 minutes, sans lire vos notes en continu (fiche-repère seulement).

Critères d’évaluation

CritèreIndicateurs
Structurethèse claire · trois axes équilibrés · introduction et conclusion
Cohésionconnecteurs variés · vraies phrases de transition · pas de répétition
Contenusix références pertinentes · exemples précis · une ouverture
Prosodie / délivrancedébit régulier · pauses · regard adressé · respect du temps
Languelexique littéraire · syntaxe correcte · fluidité

5. Réfléchir Link to heading

Auto-évaluation — cochez ce qui est acquis.

  • Ma thèse tient en une phrase, et je peux la répéter à la conclusion.
  • Mes trois axes sont distincts et équilibrés.
  • J’ai placé une phrase de transition entre chaque axe.
  • J’ai varié mes connecteurs logiques sans les répéter.
  • J’ai tenu entre 10 et 15 minutes sans lire mes notes en continu.
  • J’ai regardé mon auditoire et maîtrisé mon débit.
  • J’ai su répondre à au moins une question en phase de dialogue.

Évaluation Link to heading

Épreuve orale (type Kommunikationsprüfung, Leistungsfach — classe 13)

  • Phase 1 — Monologue : présentation du dossier (15 points). Vous présentez votre dossier (10-15 min) : thèse, trois axes, transitions, ouverture. Barème : structure /5 · cohésion et connecteurs /4 · contenu et références /3 · prosodie et gestion du temps /3.
  • Phase 2 — Dialogue (15 points). L’examinateur·rice pose des questions (env. 5 min) : justification de la thèse, précision d’une référence, réaction à une objection. Barème : pertinence des réponses /6 · richesse de la langue /5 · spontanéité et interaction /4.

Total : 30 points.

Notes pour l’enseignant·e Link to heading

Déroulé (45 min) : Activer 4’ · Apporter 13’ · S’entraîner 12’ · Produire (lancement + plan écrit) 12’ · Réfléchir 2’ · Aperçu de l’épreuve 2’. La présentation orale complète est reportée à une séance d’évaluation ultérieure.

Organisation : l’Ex. 4 et la tâche de production se prêtent au travail par binômes (rédaction du plan) puis à un entraînement croisé (chacun présente un axe à son binôme, qui repère les transitions). Prévoir une fiche-repère (une face A5 maximum) pour l’oral, jamais un texte intégral.

Différenciation : voir l’encadré après les Solutions (G/M/E). Pour les élèves en difficulté, imposer un auteur commun (Maupassant) afin de mutualiser les références ; pour les plus avancés, exiger une comparaison de deux auteurs et une ouverture problématisée.

Attention : ne travailler qu’avec des auteurs du domaine public pour permettre la citation libre ; pour les auteurs contemporains (Ernaux, Louis…), on paraphrase et on renvoie à l’œuvre sans citer de longs extraits.

Sources Link to heading

Téléchargements

Écouter

Le vocabulaire, les dialogues et les textes de cette unité en audio, dits par une voix native. Le texte parlé figure en dessous.

Dialogue 1
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Nadia : J'ai tout appris par cœur, mais quand je parle, on dirait que je récite une liste. Ça ne tient pas debout.
Yann : Le problème, ce n'est pas ce que tu dis, c'est comment tu relies tes idées. Tu passes du point 1 au point 2 sans transition. L'examinateur se perd.
Nadia : Donc il ne suffit pas d'avoir six références et une thèse ?
Yann : Non. Il faut aussi montrer le chemin : d'abord… , ce qui nous amène à… , on pourrait objecter que… . Ce sont les panneaux qui guident celui qui t'écoute.

Vocabulaire 1
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une thèse (personnelle) · un axe / une partie · une transition · un connecteur logique · étayer / appuyer · une référence · nuancer · une ouverture · le débit · la prosodie

Dialogue 2
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Introduction (1 min). Guy de Maupassant (1850-1893) a écrit plus de trois cents nouvelles et six romans en une décennie seulement. Je défendrai l'idée que son écriture réaliste n'est jamais neutre : elle observe pour dénoncer. Trois axes guideront mon propos : le regard social, la mécanique de l'hypocrisie, puis la fêlure intérieure.
I. Le regard social (3-4 min). Dès Boule de suif (1880), Maupassant place sous nos yeux une diligence pleine de gens bien qui abandonnent celle qui les a nourris. Le récit fonctionne comme une loupe posée sur les lâchetés ordinaires. Ainsi, le narrateur ne juge pas ouvertement : il montre, et c'est le lecteur qui condamne.
II. La mécanique de l'hypocrisie (3-4 min). Ce qui nous amène au roman Bel-Ami (1885). Georges Duroy y gravit tous les échelons par le mensonge et la séduction. Cependant, Maupassant ne fait pas la morale : il décrit un système où l'arrivisme est récompensé. Dans la préface de Pierre et Jean (1888), il revendique d'ailleurs une esthétique lucide : donner une vision plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même .
III. La fêlure intérieure (3-4 min). Enfin, l'observateur se retourne vers lui-même. Le Horla (1887) fait basculer le réalisme dans l'angoisse : le narrateur se sent épié par une présence invisible. Autrement dit, le même regard aigu qui scrutait la société finit par sonder la folie.
Conclusion et ouverture (1 min). En définitive, Maupassant observe la société pour mieux en révéler les mensonges, jusqu'à retourner cette lucidité contre lui-même. On pourrait alors se demander si le roman réaliste peut jamais être un simple miroir — ou s'il est toujours, déjà, une prise de position.

Texte 1
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Axe 1 : Maupassant peint une société hypocrite. ______________________ Axe 2 : son écriture fait aussi place à l'angoisse intérieure.

Vocabulaire 2
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Structure · Cohésion · Contenu · Prosodie / délivrance · Langue