Unité 2 — Francophonie : pluralité culturelle

Parcours E (lycée) · classe 13 · Niveau E

Modèle : Activer → Apporter → S’entraîner → Produire → Réfléchir · Niveau : E

Objectifs Link to heading

  • Je peux lire un texte documentaire sur la francophonie et en dégager les idées principales.
  • Je peux distinguer plusieurs variétés du français (hexagonal, belge, québécois, africain) et donner des exemples.
  • Je peux expliquer en quoi la francophonie est plurielle : une langue, des cultures multiples.
  • Je peux présenter oralement, en continu, un exposé structuré de cinq à six minutes.
  • Je peux prendre position de façon nuancée sur la question de la « norme » du français.

Situation de départ Link to heading

Dans la salle de classe, deux élèves comparent leurs notes après une émission de radio internationale.

Léa : Tu as entendu la journaliste de Dakar ? Elle disait « je suis en train de te call ». J’ai trouvé ça bizarre au début.

Malik : Bizarre, non ! C’est du français, simplement un autre français. Ma cousine à Montréal dit « magasiner » au lieu de « faire les courses ». Et en Belgique, on dit « septante » pour soixante-dix.

Léa : Donc il n’existe pas un seul « bon » français ?

Malik : Il existe une norme scolaire, oui. Mais la langue vit partout où on la parle — et elle change selon les lieux.

Questions d’activation

  1. Quelles trois variétés du français sont évoquées dans le dialogue ?
  2. Selon Malik, qu’est-ce qui fait vivre une langue ?
  3. Êtes-vous d’accord avec l’idée qu’il n’existe pas un seul « bon » français ? Justifiez.

1. Activer Link to heading

Répondez spontanément, à l’oral, en petits groupes.

  • Combien de personnes parlent français dans le monde, selon vous ?
  • Sur combien de continents le français est-il une langue officielle ou d’usage ?
  • Qui décide de ce qu’est le « français correct » ?
  • Quelle variété du français vous attire le plus, et pourquoi ?

2. Apporter Link to heading

A. Vocabulaire Link to heading

FrançaisExplication / Erläuterung
la francophoniel’ensemble des personnes et pays de langue française
une variété (de langue)une forme régionale ou nationale d’une langue
la normel’usage considéré comme correct, de référence
plurielle / la pluralitéqui existe sous des formes multiples
un·e locuteur·riceune personne qui parle une langue donnée
l’usage (m.)la manière réelle dont on emploie la langue
enrichirrendre plus riche, apporter du nouveau
un patrimoine partagéun héritage commun à plusieurs peuples
légitimereconnu comme valable, justifié
métissermélanger des cultures, des influences

Point de langue — nuancer et concéder

Pour prendre position sans juger, on emploie des connecteurs de concession :

  • certes … mais / néanmoins : Certes, il existe une norme scolaire, mais chaque région a son usage.
  • bien que / quoique (+ subjonctif) : Bien que le mot « septante » soit régional, il est parfaitement correct.
  • il n’en reste pas moins que : Les variétés diffèrent ; il n’en reste pas moins qu’elles sont toutes du français.

Rappel : après bien que et quoique, le verbe se met au subjonctif (qu’il soit, qu’elle ait).

B. Texte documentaire (texte original, ~230 mots) Link to heading

Une langue, des visages

On imagine parfois le français comme un cercle fermé autour de Paris. La réalité est tout autre : le français se parle sur cinq continents, et c’est aujourd’hui en Afrique que le nombre de locuteurs progresse le plus vite. Le français de Montréal, celui de Dakar, celui de Bruxelles et celui de Marseille ne se ressemblent pas tout à fait — et c’est très bien ainsi.

Chaque région façonne la langue à sa manière. En Belgique, on compte en « septante » et « nonante » là où la France dit « soixante-dix » et « quatre-vingt-dix ». Au Québec, on « magasine » au lieu de « faire les courses », et l’on tient à protéger le français face à l’anglais voisin. En Afrique de l’Ouest, le français se mêle aux langues locales et invente des mots nouveaux, pleins d’énergie.

Aucune de ces variétés n’est « meilleure » qu’une autre. La norme scolaire sert de repère commun, utile pour se comprendre d’un pays à l’autre ; mais elle ne rend pas les usages régionaux fautifs. La francophonie n’est donc pas une uniformité imposée : c’est une pluralité vivante, un patrimoine que des millions de personnes partagent et transforment chaque jour.

C. Note culturelle Link to heading

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), née en 1970, regroupe aujourd’hui environ 88 États et gouvernements membres, membres associés ou observateurs, répartis sur les cinq continents. Le français y est présenté non comme la propriété d’un seul pays, mais comme une langue partagée entre de nombreuses cultures. Chaque année, la Journée internationale de la Francophonie est célébrée le 20 mars. Selon les estimations diffusées par l’OIF, le français compte environ 321 millions de locuteurs et locutrices dans le monde, et l’Afrique en rassemble une part croissante. (Faits paraphrasés d’après Wikipédia, CC BY-SA 4.0 — voir Sources.)

3. S’entraîner Link to heading

Exercice 1 — Compréhension écrite (texte B). Répondez par des phrases complètes.

  1. Pourquoi l’auteur refuse-t-il l’image d’un « cercle fermé autour de Paris » ?
  2. Sur quel continent le nombre de locuteurs progresse-t-il le plus vite ?
  3. À quoi sert la norme scolaire, selon le texte ?

Exercice 2 — Vrai ou faux ? Corrigez les affirmations fausses.

  1. Le texte affirme que le français de Marseille et celui de Dakar sont identiques.
  2. En Belgique, « septante » remplace « soixante-dix ».
  3. D’après le texte, les usages régionaux sont fautifs.

Exercice 3 — Variétés du français. Reliez chaque mot à sa région.

magasiner · septante · nonante · métisser (le français aux langues locales)Belgique · Québec · Afrique de l’Ouest

Exercice 4 — Nuancer (point de langue). Complétez avec un connecteur de concession et le mode qui convient.

  1. ____ le mot « nonante » ____ (être) régional, il est tout à fait correct.
  2. Il existe une norme scolaire ; ____ chaque pays garde ses propres usages.

Différenciation

  • G (base) : faites l’exercice 1 (questions 1–2) et l’exercice 3.
  • M (moyen) : faites les exercices 1 à 3 en entier.
  • E (renforcé) : faites les quatre exercices, puis rédigez une phrase personnelle avec bien que + subjonctif.

Solutions Link to heading

Exercice 1. 1) Parce que le français se parle sur cinq continents, pas seulement en France / autour de Paris. 2) En Afrique. 3) Elle sert de repère commun pour se comprendre d’un pays à l’autre.

Exercice 2. 1) Faux — le texte dit qu’ils « ne se ressemblent pas tout à fait ». 2) Vrai. 3) Faux — la norme « ne rend pas les usages régionaux fautifs ».

Exercice 3. magasiner → Québec · septante → Belgique · nonante → Belgique · métisser le français aux langues locales → Afrique de l’Ouest.

Exercice 4. 1) Bien que le mot « nonante » soit (subjonctif) régional, il est tout à fait correct. 2) … mais / néanmoins chaque pays garde ses propres usages.

4. Produire Link to heading

Tâche orale — exposé en continu (≈ 5–6 min).

Préparez et présentez un exposé structuré intitulé « La francophonie : une langue, des cultures ». Votre exposé doit comporter :

  • une introduction qui annonce le plan ;
  • deux ou trois exemples de variétés du français (avec un mot par variété) ;
  • une prise de position nuancée sur la question de la norme (utilisez un connecteur de concession) ;
  • une conclusion avec une phrase de clôture personnelle.

Critères d’évaluation

CritèreIndicateurs
Contenuidées pertinentes, exemples précis
Structureintro – développement – conclusion clairs
Languelexique de l’unité, connecteurs de concession
Fluidité / prononciationdébit régulier, exposé en continu, peu de lecture

5. Réfléchir Link to heading

Cochez ce que vous savez déjà faire.

  • Je peux nommer au moins trois variétés du français et un exemple pour chacune.
  • Je peux expliquer ce qu’est la norme et pourquoi elle n’annule pas les usages régionaux.
  • Je peux employer un connecteur de concession (bien que + subjonctif).
  • Je peux présenter un exposé structuré de cinq minutes, en continu.
  • Je peux justifier mon avis sur la pluralité de la francophonie.

Évaluation Link to heading

Partie A — Compréhension écrite (Leseverstehen) · 12 points

Relisez le texte B (« Une langue, des visages ») et répondez.

  1. Citez deux variétés du français mentionnées et un trait propre à chacune. (4 pts)
  2. Expliquez, avec vos propres mots, la thèse de l’auteur sur la norme. (4 pts)
  3. « La francophonie n’est pas une uniformité imposée. » Reformulez cette phrase et dites si vous êtes d’accord. (4 pts)

Partie B — Expression orale en continu (Sprechen, monologue) · 18 points

Présentez, sans lecture continue, un exposé de cinq minutes sur « Pourquoi la pluralité du français est-elle une richesse ? ».

Barème total : 30 points

DomainePoints
Compréhension écrite (A)12
Contenu et structure (B)8
Correction linguistique (B)5
Fluidité et prononciation (B)5

Notes pour l’enseignant·e Link to heading

Durée : 45 minutes.

PhaseTemps
Activer5 min
Apporter13 min
S’entraîner12 min
Produire12 min
Réfléchir3 min

Organisation. Situation de départ en lecture à deux voix, puis activation en groupes de trois. Vocabulaire et point de langue au tableau ou à l’écran (voir présentation .odp). La tâche de production peut être préparée à deux, mais présentée individuellement.

Différenciation. Groupe G : fournir un plan-guide à trous pour l’exposé. Groupe M : plan libre, banque de connecteurs affichée. Groupe E : imposer au moins une concession au subjonctif et une prise de position argumentée. Prévoir un enregistrement audio pour l’auto-évaluation de la fluidité.

Non-affiliation. Les données chiffrées sont paraphrasées de sources ouvertes (voir Sources) ; cette unité n’est affiliée ni à l’OIF ni à aucun éditeur.

Sources Link to heading

Téléchargements

Écouter

Le vocabulaire, les dialogues et les textes de cette unité en audio, dits par une voix native. Le texte parlé figure en dessous.

Dialogue 1
Afficher le texte

Léa : Tu as entendu la journaliste de Dakar ? Elle disait je suis en train de te call . J'ai trouvé ça bizarre au début.
Malik : Bizarre, non ! C'est du français, simplement un autre français. Ma cousine à Montréal dit magasiner au lieu de faire les courses . Et en Belgique, on dit septante pour soixante-dix.
Léa : Donc il n'existe pas un seul bon français ?
Malik : Il existe une norme scolaire, oui. Mais la langue vit partout où on la parle — et elle change selon les lieux.

Vocabulaire 1
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la francophonie · une variété (de langue) · la norme · plurielle / la pluralité · un·e locuteur·rice · l'usage (m.) · enrichir · un patrimoine partagé · légitime · métisser

Dialogue 2
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Une langue, des visages
On imagine parfois le français comme un cercle fermé autour de Paris. La réalité est tout autre : le français se parle sur cinq continents, et c'est aujourd'hui en Afrique que le nombre de locuteurs progresse le plus vite. Le français de Montréal, celui de Dakar, celui de Bruxelles et celui de Marseille ne se ressemblent pas tout à fait — et c'est très bien ainsi.
Chaque région façonne la langue à sa manière. En Belgique, on compte en septante et nonante là où la France dit soixante-dix et quatre-vingt-dix . Au Québec, on magasine au lieu de faire les courses , et l'on tient à protéger le français face à l'anglais voisin. En Afrique de l'Ouest, le français se mêle aux langues locales et invente des mots nouveaux, pleins d'énergie.
Aucune de ces variétés n'est meilleure qu'une autre. La norme scolaire sert de repère commun, utile pour se comprendre d'un pays à l'autre ; mais elle ne rend pas les usages régionaux fautifs. La francophonie n'est donc pas une uniformité imposée : c'est une pluralité vivante, un patrimoine que des millions de personnes partagent et transforment chaque jour.

Vocabulaire 2
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Contenu · Structure · Langue · Fluidité / prononciation

Vocabulaire 3
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Compréhension écrite (A) · Contenu et structure (B) · Correction linguistique (B) · Fluidité et prononciation (B)

Vocabulaire 4
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Activer · Apporter · S'entraîner · Produire · Réfléchir