Unité 10 — Argumenter en public (épreuve communicative)
Parcours E (lycée) · classe 12 · Niveau E
Objectifs Link to heading
- Je peux présenter mon point de vue en continu pendant environ cinq minutes, avec une introduction, un développement structuré et une conclusion.
- Je peux structurer une argumentation à l’aide de connecteurs logiques et de formules pour annoncer, illustrer et conclure.
- Je peux prendre part à un débat : défendre une position, concéder un point, nuancer et relancer la discussion.
- Je peux réagir spontanément aux questions d’un examinateur en reformulant, en demandant une précision ou en donnant un exemple.
- Je peux évaluer une prise de parole à l’aide de critères (contenu, langue, interaction).
Situation de départ Link to heading
Deux élèves de terminale sortent d’une simulation d’épreuve orale.
Naïma : Alors, comment tu as trouvé ton passage ?
Théo : Le monologue, ça allait : j’avais préparé mon plan. Mais dès que l’examinatrice a posé une question, j’ai bloqué. Je ne savais plus quoi dire.
Naïma : Moi, c’est l’inverse. Le dialogue m’a sauvée. Quand on me contredit, ça me donne des idées. Le plus dur, c’était de tenir cinq minutes toute seule sans lire mes notes.
Théo : Il nous manque des « phrases-outils », tu vois ? Des formules toutes prêtes pour gagner du temps et rebondir.
Naïma : Exactement. « Si je comprends bien votre question… », « Prenons un exemple concret… ». Avec ça, on ne reste jamais muet.
Questions d’activation :
- Selon Théo et Naïma, quelles sont les deux difficultés de l’épreuve orale ?
- Qu’appelle-t-on une « phrase-outil » ? Donnez un exemple tiré du dialogue.
- Pour vous : est-il plus difficile de parler seul(e) ou de dialoguer ? Pourquoi ?
1. Activer Link to heading
- Connaissez-vous le format d’une épreuve orale communicative : combien de temps de monologue, combien de temps d’échange ?
- Quels mots de liaison utilisez-vous déjà pour organiser un discours (d’abord, ensuite, donc…) ?
- Que faites-vous quand vous ne comprenez pas une question ou que vous cherchez vos mots ? Quelles stratégies avez-vous ?
- Sur quel sujet de société pourriez-vous parler cinq minutes sans préparation : l’écologie, le sport, les réseaux sociaux… ?
2. Apporter Link to heading
A. Vocabulaire — argumenter et débattre Link to heading
| Français | Fonction | Exemple |
|---|---|---|
| tout d’abord / en premier lieu | annoncer une première idée | Tout d’abord, je voudrais rappeler que… |
| par ailleurs / de plus | ajouter un argument | Par ailleurs, il faut souligner que… |
| en revanche / cependant | opposer, nuancer | En revanche, on peut se demander si… |
| par exemple / ainsi | illustrer | Ainsi, on constate que… |
| c’est-à-dire | reformuler, préciser | C’est-à-dire que… |
| certes… mais | concéder puis répondre | Certes, c’est coûteux, mais c’est nécessaire. |
| en somme / pour conclure | conclure | En somme, je reste convaincu(e) que… |
| avoir raison / tort | juger une position | Vous avez en partie raison, pourtant… |
| soutenir / défendre une idée | prendre position | Je soutiens l’idée que… |
| relancer le débat | interagir | Cela pose une autre question :… |
Point de langue — les connecteurs logiques et l’expression de l’opinion
Pour organiser un discours, on enchaîne les connecteurs : d’abord → ensuite → enfin (ordre) ; car / parce que → donc / par conséquent (cause → conséquence) ; mais / pourtant / en revanche (opposition).
Pour donner son avis, on emploie : je pense que, il me semble que, à mon avis, suivis de l’indicatif (Je pense que c’est utile). Mais après un verbe de doute ou de volonté, on emploie le subjonctif : Je ne pense pas que ce soit utile ; Il faut que nous prenions position.
Astuce : commencer sa phrase par un connecteur laisse une seconde pour réfléchir à la suite — un vrai gain de temps à l’oral.
B. Texte original — Un plan de monologue commenté Link to heading
Sujet : « Faut-il interdire les téléphones portables au lycée ? »
Introduction. Le téléphone portable est devenu un objet du quotidien pour les lycéens. Faut-il pour autant l’interdire pendant les cours ? Je défendrai l’idée qu’un usage encadré vaut mieux qu’une interdiction totale.
Premier argument. Tout d’abord, le téléphone est un outil de travail : dictionnaire, calculatrice, accès à des documents. L’interdire complètement, c’est se priver d’une ressource utile.
Deuxième argument. Par ailleurs, une interdiction stricte est difficile à faire respecter. En revanche, apprendre aux élèves à gérer leur attention prépare mieux à la vie adulte.
Concession. Certes, le téléphone peut distraire et nuire à la concentration. Mais la solution n’est pas l’interdiction : c’est l’éducation à un usage responsable.
Conclusion. En somme, je pense qu’il faut encadrer plutôt qu’interdire. Cela pose d’ailleurs une autre question : quel rôle l’école doit-elle jouer dans l’éducation au numérique ? Merci de votre attention.
C. Note culturelle — Senghor, la parole comme engagement Link to heading
Léopold Sédar Senghor (1906-2001) est une grande figure de la francophonie. Poète, il fut aussi le premier président du Sénégal indépendant, de 1960 à 1980, avant de se retirer volontairement du pouvoir. Avec Aimé Césaire et Léon-Gontran Damas, il participe dans les années 1930 au mouvement de la Négritude, qui revendique la culture et la dignité des peuples noirs. En 1983, il devient le premier Africain élu à l’Académie française. Sa vie montre comment la maîtrise de la parole — écrite comme orale — peut devenir un instrument d’engagement public. Aujourd’hui, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) rassemble des dizaines d’États et de gouvernements et estime à plusieurs centaines de millions le nombre de locuteurs de français dans le monde. (Faits paraphrasés d’après Wikipédia, CC BY-SA — voir Sources.)
3. S’entraîner Link to heading
Ex. 1 — Compréhension (texte B).
- Quelle thèse l’auteur défend-il ?
- Citez les deux arguments « pour » un usage encadré.
- Quelle est la concession faite dans le texte ?
- Par quelle question l’auteur relance-t-il le débat en conclusion ?
Ex. 2 — Connecteurs. Complétez avec le connecteur qui convient (tout d’abord · en revanche · par exemple · en somme).
a) ____, je voudrais présenter le problème. b) Le sport est bon pour la santé ; ____, il coûte parfois cher. c) Beaucoup de sports sont gratuits : la course à pied, ____. d) ____, je pense que chacun devrait pratiquer une activité.
Ex. 3 — Indicatif ou subjonctif ? Mettez le verbe entre parenthèses à la forme correcte.
a) Je pense que cette idée (être) ____ juste. b) Je ne crois pas que cette solution (être) ____ efficace. c) Il faut que nous (prendre) ____ une décision. d) À mon avis, on (avoir) ____ raison d’agir vite.
Ex. 4 — Stratégies de rebond. Pour chaque question d’examinateur, indiquez une stratégie (reformuler · demander une précision · concéder et nuancer · donner un exemple).
a) « N’est-ce pas trop optimiste ? » → ____ b) « Que voulez-vous dire exactement ? » → ____ c) « Pouvez-vous illustrer votre idée ? » → ____ d) « Vous n’avez pas répondu à ma première question. » → ____
Solutions Link to heading
Ex. 1. 1) Un usage encadré du téléphone vaut mieux qu’une interdiction totale. 2) C’est un outil de travail (dictionnaire, calculatrice, documents) ; l’interdiction est difficile à appliquer et éduquer à l’usage prépare à la vie adulte. 3) Le téléphone peut distraire et nuire à la concentration. 4) Quel rôle l’école doit-elle jouer dans l’éducation au numérique ?
Ex. 2. a) Tout d’abord ; b) en revanche ; c) par exemple ; d) En somme.
Ex. 3. a) est (indicatif) ; b) soit (subjonctif) ; c) prenions (subjonctif) ; d) a (indicatif).
Ex. 4. a) concéder et nuancer (Certes, mais…) ; b) reformuler (Si je comprends bien, vous voulez savoir…) ; c) donner un exemple (Prenons par exemple…) ; d) demander une précision / reprendre (Vous parlez de… ? J’y reviens…).
4. Produire Link to heading
Tâche orale (monologue + interaction). Choisissez un sujet de société (réseaux sociaux, écologie au lycée, sport obligatoire, semaine de quatre jours…). Préparez pendant 15 minutes un plan structuré (introduction, deux ou trois arguments, une concession, conclusion). Présentez ensuite un monologue d’environ cinq minutes, puis répondez pendant cinq à dix minutes aux questions d’un(e) camarade jouant l’examinateur.
Critères d’évaluation :
- Contenu et structure : thèse claire, arguments organisés, conclusion qui relance.
- Langue : connecteurs variés, vocabulaire de l’argumentation, correction grammaticale (indicatif/subjonctif).
- Interaction : capacité à réagir, à concéder, à reformuler sans blocage.
- Fluidité et débit : parole continue, prononciation compréhensible.
5. Réfléchir Link to heading
- Je peux parler environ cinq minutes en continu sur un sujet préparé.
- J’utilise des connecteurs logiques pour structurer mon discours.
- Je distingue l’indicatif et le subjonctif dans l’expression de l’opinion.
- Je peux réagir à une question avec au moins trois stratégies de rebond.
- Je sais concéder un point sans abandonner ma position.
Évaluation Link to heading
Épreuve orale communicative — Niveau E (compétences visées : production en continu et interaction)
Phase 1 — Monologue (15 points). Présentez pendant environ cinq minutes votre position sur un sujet tiré au sort. Plan attendu : introduction, deux ou trois arguments illustrés, une concession, conclusion.
Phase 2 — Dialogue (15 points). Répondez pendant environ dix minutes aux questions de l’examinateur : défendez, nuancez, donnez des exemples.
Barème :
| Critère | Points |
|---|---|
| Structure et pertinence du contenu | 8 |
| Richesse et correction de la langue | 8 |
| Qualité de l’interaction (rebonds, réactivité) | 8 |
| Fluidité et prononciation | 6 |
| Total | 30 |
Notes pour l’enseignant·e Link to heading
Durée : 45 min. Activer 5’ · Apporter 12’ · S’entraîner 13’ · Produire 12’ · Réfléchir 3'.
Organisation. L’entraînement (Ex. 1-4) peut se faire en binômes puis en correction collective. Pour la tâche de production, faire tourner les rôles (orateur / examinateur / observateur muni de la grille de critères) afin que chacun s’exerce aux trois postures.
Différenciation. Fournir aux groupes G une banque de connecteurs et de phrases-outils imprimée ; laisser les groupes E travailler sans notes rédigées. Chronométrer discrètement pour habituer les élèves au format « 5 + 10 min ».
Conseil. Insister sur le fait qu’un connecteur en début de phrase fait gagner une seconde de réflexion : c’est une stratégie de fluidité, pas seulement de style.
Sources Link to heading
- Léopold Sédar Senghor — Wikipédia (consulté en 2026), https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9opold_S%C3%A9dar_Senghor, licence CC BY-SA 4.0.
- Négritude — Wikipédia (consulté en 2026), https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9gritude, licence CC BY-SA 4.0.
- Organisation internationale de la Francophonie — Wikipédia (consulté en 2026), https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_internationale_de_la_Francophonie, licence CC BY-SA 4.0.
- Bildungsplan 2016, Gymnasium — Moderne Fremdsprachen (Französisch) — Land Baden-Württemberg, https://www.bildungsplaene-bw.de/, référentiel officiel.
Téléchargements
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Le vocabulaire, les dialogues et les textes de cette unité en audio, dits par une voix native. Le texte parlé figure en dessous.
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tout d'abord / en premier lieu · par ailleurs / de plus · en revanche / cependant · par exemple / ainsi · c'est-à-dire · certes… mais · en somme / pour conclure · avoir raison / tort · soutenir / défendre une idée · relancer le débat
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Sujet : Faut-il interdire les téléphones portables au lycée ?
Introduction. Le téléphone portable est devenu un objet du quotidien pour les lycéens. Faut-il pour autant l'interdire pendant les cours ? Je défendrai l'idée qu'un usage encadré vaut mieux qu'une interdiction totale.
Premier argument. Tout d'abord, le téléphone est un outil de travail : dictionnaire, calculatrice, accès à des documents. L'interdire complètement, c'est se priver d'une ressource utile.
Deuxième argument. Par ailleurs, une interdiction stricte est difficile à faire respecter. En revanche, apprendre aux élèves à gérer leur attention prépare mieux à la vie adulte.
Concession. Certes, le téléphone peut distraire et nuire à la concentration. Mais la solution n'est pas l'interdiction : c'est l'éducation à un usage responsable.
Conclusion. En somme, je pense qu'il faut encadrer plutôt qu'interdire. Cela pose d'ailleurs une autre question : quel rôle l'école doit-elle jouer dans l'éducation au numérique ? Merci de votre attention.
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Structure et pertinence du contenu · Richesse et correction de la langue · Qualité de l'interaction (rebonds, réactivité) · Fluidité et prononciation · Total

