Unité 2 — Analyse stylistique
Parcours E (lycée) · classe 12 · Niveau E
Objectifs Link to heading
- Je peux reconnaître les principales figures de style (métaphore, comparaison, personnification, anaphore, gradation, oxymore, chiasme, hyperbole).
- Je peux distinguer les registres de langue (soutenu, courant, familier) et repérer le registre d’un texte.
- Je peux analyser un passage en reliant un procédé stylistique à son effet sur la lecture.
- Je peux rédiger une courte étude stylistique (~300 mots) claire et argumentée.
Situation de départ Link to heading
Dans la salle d’étude, Léa relit sa dissertation à voix basse. Naïm se penche vers elle.
Naïm : « Ta description du port, là… pourquoi tu écris que la mer rugit ? La mer ne rugit pas, ce sont les lions. »
Léa : « Justement. En lui prêtant un cri d’animal, je la rends vivante, presque menaçante. Ce n’est pas une erreur, c’est une personnification. »
Naïm : « Donc chaque mot est un choix ? »
Léa : « Oui. Analyser un style, c’est expliquer pourquoi un choix produit tel effet. »
Questions d’activation
- Selon Léa, quelle est la différence entre une « erreur » et un procédé stylistique ?
- Trouvez un autre verbe qui « donnerait vie » à un objet ou à un lieu.
- Qu’est-ce qui, d’après vous, distingue une belle phrase d’une phrase banale ?
1. Activer Link to heading
- Citez trois figures de style que vous connaissez déjà.
- Une même idée peut se dire de plusieurs façons : comment diriez-vous « j’ai très faim » à un ami ? à un professeur ?
- À quoi sert, selon vous, une figure de style dans un texte : décorer, convaincre, faire ressentir ?
2. Apporter Link to heading
A. Vocabulaire de l’analyse stylistique Link to heading
| Terme (français) | Définition | Exemple (domaine public) |
|---|---|---|
| la comparaison | rapprocher deux éléments avec un outil (comme, tel) | « patientes, elles léchaient les quais comme des bêtes » |
| la métaphore | rapprocher sans outil de comparaison | « un ciel de plomb » |
| la personnification | prêter des traits humains à une chose | « le port dormait » |
| l’anaphore | répéter un mot en début de propositions | « Pas un bruit, pas un cri, pas un souffle » |
| la gradation | ordonner des termes d’intensité croissante | « timide, puis hardi, puis furieux » |
| l’oxymore | unir deux mots de sens opposés | « cette obscure clarté » (Corneille) |
| le chiasme | croiser deux groupes en miroir (AB / BA) | « manger pour vivre, non vivre pour manger » (Molière) |
| l’hyperbole | exagérer pour frapper l’esprit | « je meurs de soif » |
B. Point de langue Link to heading
Commenter un effet stylistique. Pour relier un procédé à son effet, utilisez un verbe d’analyse suivi de ce que le procédé produit :
- souligner / mettre en relief : L’anaphore souligne le silence.
- suggérer / évoquer : La métaphore suggère la lourdeur de l’air.
- traduire / rendre : La gradation traduit la montée du vent.
- créer / produire : L’oxymore crée une tension.
Structure type : « Le procédé + verbe d’analyse + l’effet, ce qui + interprétation. » Ex. : La personnification anime le port, ce qui rend le paysage inquiétant.
C. Texte d’étude (prose originale) Link to heading
Le port au petit matin
Le vieux port dormait sous un ciel de plomb. Les vagues, patientes, léchaient les quais comme des bêtes lasses. Pas un bruit, pas un cri, pas un souffle : la ville entière retenait son haleine. Puis le vent se leva — timide, puis hardi, puis furieux — et la mer, soudain réveillée, se mit à rugir.
D. Repère culturel Link to heading
En stylistique, une figure de style (ou figure de rhétorique) est un procédé qui écarte l’expression de son usage ordinaire pour produire un effet particulier sur le destinataire : elle joue sur les sons, la construction de la phrase ou le sens des mots. On distingue par ailleurs les registres de langue (soutenu, courant, familier), qui décrivent le niveau de langue choisi selon la situation de communication et l’interlocuteur. Reconnaître figures et registres permet de décrire comment un texte produit son sens, et non seulement ce qu’il raconte. (Paraphrase d’après Wikipédia, « Figure de style » et « Registre de langue », CC-BY-SA — voir Sources.)
3. S’entraîner Link to heading
Exercice 1 — Repérer (compréhension du texte C). Relisez « Le port au petit matin » et relevez :
- une comparaison ;
- une personnification ;
- l’anaphore ;
- la gradation.
Exercice 2 — Associer. Reliez chaque terme à sa définition.
| Terme | Définition | |
|---|---|---|
| a) oxymore | 1. exagération | |
| b) chiasme | 2. répétition en début de propositions | |
| c) hyperbole | 3. union de deux mots opposés | |
| d) anaphore | 4. construction en miroir AB / BA |
Exercice 3 — Registres. Classez ces trois phrases (soutenu / courant / familier). Elles disent toutes « j’ai faim ».
- « J’ai les crocs, on mange bientôt ? »
- « Je commence à avoir faim. »
- « Une petite faim me gagne ; pourrions-nous dîner ? »
Exercice 4 — Analyser un effet (3–4 phrases). Dans le texte C, la mer finit par « se mettre à rugir ». Expliquez le procédé employé et son effet, en utilisant la structure du Point de langue (B).
Solutions Link to heading
Exercice 1. 1) comme des bêtes lasses (comparaison, outil « comme »). 2) le port dormait / la ville retenait son haleine / la mer se mit à rugir (personnifications). 3) Pas un bruit, pas un cri, pas un souffle (anaphore de « pas un »). 4) timide, puis hardi, puis furieux (gradation croissante).
Exercice 2. a → 3 ; b → 4 ; c → 1 ; d → 2.
Exercice 3. Soutenu = 3 ; courant = 2 ; familier = 1.
Exercice 4. Modèle attendu : En prêtant à la mer le rugissement d’un fauve, l’auteur emploie une personnification. Ce procédé anime l’élément marin et le rend menaçant. Il traduit le passage du calme au danger, ce qui accentue la rupture avec le silence du début.
4. Produire Link to heading
Tâche d’écriture (~300 mots). Rédigez une courte étude stylistique du texte « Le port au petit matin » (texte C) : présentez le passage en une phrase, analysez trois procédés (nom, exemple relevé, effet), puis concluez sur l’atmosphère générale créée par le style. Employez le vocabulaire d’analyse et la structure du Point de langue.
Critères d’évaluation
| Critère | Indicateurs | Points |
|---|---|---|
| Repérage | 3 procédés correctement nommés et illustrés | 6 |
| Analyse | chaque procédé relié à un effet précis | 6 |
| Langue | vocabulaire d’analyse, phrases correctes | 4 |
| Cohérence | introduction + conclusion sur l’atmosphère | 4 |
| Total | 20 |
5. Réfléchir Link to heading
- Je sais nommer au moins six figures de style.
- Je distingue le registre soutenu, courant et familier.
- Je relie un procédé à un effet avec un verbe d’analyse.
- Je rédige une étude stylistique organisée (procédé → exemple → effet).
- Je relis pour corriger la langue et la ponctuation.
Évaluation Link to heading
Épreuve — Compréhension écrite + Expression écrite (30 P.)
Support : un court texte descriptif original fourni par l’enseignant·e (8–10 lignes), riche en figures de style.
- Tâche 1 — Compréhension écrite (« Leseverstehen », 10 P.) : relever et nommer quatre figures de style présentes dans le texte (2,5 P. chacune : 1 P. relevé exact, 1,5 P. dénomination correcte).
- Tâche 2 — Registre (8 P.) : identifier le registre dominant du texte et le justifier par deux indices lexicaux ou syntaxiques.
- Tâche 3 — Expression écrite (« Schreiben », 12 P.) : rédiger une analyse de ~250 mots reliant deux procédés à leurs effets et concluant sur l’atmosphère (repérage 4 P., analyse 5 P., langue 3 P.).
Barème total : 30 points.
Notes pour l’enseignant·e Link to heading
Durée : 45 min.
- Activer 5’ — recueil oral des figures déjà connues, mise en commun rapide.
- Apporter 13’ — tableau de vocabulaire + Point de langue ; lecture à voix haute du texte C.
- S’entraîner 15’ — Ex. 1–4 en autonomie ou en binômes ; correction projetée via les Solutions.
- Produire 10’ — lancement de l’étude stylistique (peut se poursuivre en devoir).
- Réfléchir 2’ — checklist individuelle.
Organisation. Prévoir le texte C projeté au tableau pour la correction collective. Les binômes hétérogènes aident au repérage des figures.
Différenciation. Voir l’encadré G/M/E de la section 3. Pour les groupes G, distribuer une fiche-mémo des huit figures avec un exemple chacune ; pour les groupes E, proposer d’ajouter l’analyse du rythme (phrases longues vs courtes) et de la ponctuation expressive.
Sources Link to heading
- Figure de style — Wikipédia (consulté le 21/07/2026), https://fr.wikipedia.org/wiki/Figure_de_style — licence CC-BY-SA 4.0.
- Registre de langue — Wikipédia (consulté le 21/07/2026), https://fr.wikipedia.org/wiki/Registre_de_langue — licence CC-BY-SA 4.0.
- Le Cid — Pierre Corneille (1637), domaine public — exemple « cette obscure clarté qui tombe des étoiles ».
- L’Avare — Molière (1668), domaine public — exemple du chiasme « manger pour vivre, non vivre pour manger ».
- Textes « Le port au petit matin », dialogues et exercices : prose originale rédigée pour cette unité.
Téléchargements
Écouter
Le vocabulaire, les dialogues et les textes de cette unité en audio, dits par une voix native. Le texte parlé figure en dessous.
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Naïm : Ta description du port, là… pourquoi tu écris que la mer rugit ? La mer ne rugit pas, ce sont les lions.
Léa : Justement. En lui prêtant un cri d'animal, je la rends vivante, presque menaçante. Ce n'est pas une erreur, c'est une personnification.
Naïm : Donc chaque mot est un choix ?
Léa : Oui. Analyser un style, c'est expliquer pourquoi un choix produit tel effet.
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la comparaison · la métaphore · la personnification · l'anaphore · la gradation · l'oxymore · le chiasme · l'hyperbole
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Le port au petit matin
Le vieux port dormait sous un ciel de plomb. Les vagues, patientes, léchaient les quais comme des bêtes lasses. Pas un bruit, pas un cri, pas un souffle : la ville entière retenait son haleine. Puis le vent se leva — timide, puis hardi, puis furieux — et la mer, soudain réveillée, se mit à rugir.
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a) oxymore · b) chiasme · c) hyperbole · d) anaphore
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Repérage · Analyse · Langue · Cohérence · Total

