Unité 7 — Extrait de roman contemporain

Parcours E (lycée) · classe 11 · Niveau E

Modèle : Activer → Apporter → S’entraîner → Produire → Réfléchir · Niveau : E

Objectifs Link to heading

  • Je peux repérer et nommer les outils d’analyse d’un extrait de roman contemporain (focalisation, rythme, registre, motif).
  • Je peux comprendre un incipit et en dégager les enjeux (compréhension écrite).
  • Je peux reconnaître le discours indirect libre et expliquer son effet.
  • Je peux rédiger une analyse de passage structurée d’environ 300 mots (expression écrite).
  • Je peux situer un roman contemporain dans son contexte culturel (prix littéraires, auteur·e·s actuel·le·s) en mes propres mots.

Situation de départ Link to heading

Un après-midi au CDI. Léa referme un roman et se tourne vers Marius.

Léa : Écoute la première phrase que je viens de lire : le narrateur annonce la fin dès la première ligne. On sait déjà que ça finit mal.

Marius : Étrange. Pourquoi commencer par la fin ? On n’a plus envie de lire, non ?

Léa : Au contraire ! Maintenant, la seule question, c’est comment on en arrive là. Ce n’est plus quoi, c’est pourquoi.

Marius : Donc l’incipit ne raconte pas : il tend un piège au lecteur.

Questions d’activation :

  1. Qu’est-ce qu’un incipit, selon vous ?
  2. Pourquoi un·e romancier·ère annoncerait-il·elle la fin dès le début ?
  3. Quel dernier livre vous a « attrapé·e » dès la première page ? Pourquoi ?

1. Activer Link to heading

  • Citez un·e romancier·ère francophone vivant·e que vous connaissez.
  • À quoi sert la première page d’un roman ? Notez trois fonctions possibles.
  • « Qui voit ? » et « Qui parle ? » : selon vous, est-ce toujours la même personne dans un récit ?

2. Apporter Link to heading

A. Vocabulaire de l’analyse romanesque Link to heading

Terme françaisExplication (niveau E)
l’incipit (m.)les premières lignes d’un roman ; elles ouvrent et orientent la lecture
la focalisationle point de vue adopté : qui perçoit la scène (interne, externe, zéro)
le·la narrateur·ricel’instance qui raconte ; à distinguer du·de la personnage qui voit
le rythmel’effet produit par la longueur des phrases (courtes = tension ; longues = lenteur)
le registrela tonalité : familier, courant, soutenu, lyrique, tragique
le motifun élément (objet, image) qui revient et prend un sens symbolique
le dénouementla manière dont la scène ou le récit se résout
une antiphrasedire le contraire de ce que l’on pense, pour créer une ironie

B. Point de langue — le discours indirect libre Link to heading

Le discours indirect libre (DIL) mêle la voix du·de la narrateur·rice et celle du·de la personnage, sans verbe introducteur (« il pensa que… ») et sans guillemets.

  • Discours direct : Clara se demanda : « Est-ce que j’ai fait le bon choix ? »
  • Discours indirect : Clara se demanda si elle avait fait le bon choix.
  • Discours indirect libre : Avait-elle fait le bon choix ? Rien n’était moins sûr.

Le DIL emploie souvent l’imparfait et le conditionnel, garde l’ordre des questions et l’expressivité du personnage. Effet : on entre dans la conscience du personnage tout en gardant la distance du récit.

C. Extrait d’étude — texte original (support de travail) Link to heading

La fenêtre du douzième étage (texte original, écrit pour ce cours)

Le téléphone sonna à six heures. Clara ne répondit pas. Depuis la fenêtre du douzième étage, elle regardait la ville s’éveiller sous une pluie fine. En bas, les voitures glissaient sans bruit, comme des poissons gris dans un aquarium trouble.

Elle savait déjà que ce jour ne ressemblerait à aucun autre. Sur la table, la lettre attendait, toujours fermée. Fallait-il vraiment l’ouvrir ? Elle n’en était plus si sûre.

Le téléphone sonna encore. Puis se tut.

Ce passage est original : il sert de terrain d’analyse pour éviter toute reproduction d’œuvre protégée.

D. Note culturelle — le roman contemporain et les prix littéraires Link to heading

En France, l’automne est la « saison des prix ». Le prix Goncourt, décerné chaque année par l’Académie Goncourt depuis le début du XXe siècle, récompense une œuvre de langue française et attire un large public vers un roman récent. Des auteur·e·s comme Leïla Slimani (lauréate en 2016 pour un roman dont l’incipit annonce d’emblée un drame) ou Patrick Modiano (prix Nobel de littérature 2014) illustrent la vitalité du roman francophone d’aujourd’hui.

Nous paraphrasons ici des informations factuelles ; nous ne citons aucun texte protégé. Œuvres et auteur·e·s sont mentionné·e·s à titre de référence uniquement — voir Sources.

3. S’entraîner Link to heading

Ex. 1 — Compréhension écrite (texte C).

  1. À quelle heure le téléphone sonne-t-il la première fois ?
  2. Où se trouve Clara ?
  3. Quel objet attend sur la table ?
  4. Clara décide-t-elle d’ouvrir la lettre ? Justifiez avec le texte.

Ex. 2 — Outils d’analyse (texte C).

a) Quelle focalisation domine ? Justifiez. b) Étudiez le rythme : relevez une phrase courte et son effet. c) Repérez un motif ou une image et proposez une interprétation.

Ex. 3 — Discours indirect libre. Repérez dans le texte C la phrase au discours indirect libre, puis réécrivez-la au discours direct (avec verbe introducteur et guillemets).

Ex. 4 — Mini-analyse (3 phrases). Rédigez trois phrases : repérage (un procédé) + interprétation + lien avec le titre « La fenêtre du douzième étage ».

Différenciation. G : Ex. 1 et 2a seulement, avec la liste des termes sous les yeux. M : Ex. 1 à 3. E : Ex. 1 à 4, sans support lexical pour l’Ex. 4.

Solutions Link to heading

Ex. 1. 1) À six heures. 2) À la fenêtre du douzième étage, chez elle. 3) Une lettre, toujours fermée. 4) Non : elle hésite (« Fallait-il vraiment l’ouvrir ? Elle n’en était plus si sûre »).

Ex. 2. a) Focalisation interne : on perçoit la scène à travers Clara (« elle regardait », « elle savait déjà », son hésitation). b) Rythme : « Puis se tut. » — phrase très courte qui referme la scène et crée une tension / un silence. c) Réponse type : l’aquarium trouble et les voitures comme des « poissons gris » enferment la ville dans une image d’irréalité et d’enfermement ; la lettre fermée est un motif de secret et de choix à venir.

Ex. 3. DIL dans le texte : « Fallait-il vraiment l’ouvrir ? Elle n’en était plus si sûre. » → Discours direct type : Clara se demanda : « Est-ce que je dois vraiment l’ouvrir ? Je n’en suis plus si sûre. »

Ex. 4. Réponses libres. Modèle : La focalisation interne nous enferme dans la conscience de Clara. Le lecteur partage son hésitation devant la lettre. Le titre, « La fenêtre du douzième étage », place le personnage en position d’observatrice suspendue, entre le monde d’en bas et une décision qu’elle n’ose pas prendre.

4. Produire Link to heading

Tâche d’écriture (E, ~300 mots). À partir du texte C (ou d’un autre extrait original fourni par l’enseignant·e), rédigez une analyse de passage structurée :

  • une phrase d’introduction (situation du passage, enjeu) ;
  • l’étude d’au moins quatre outils (focalisation, rythme, registre, motif) ;
  • au moins deux relevés précis tirés du texte ;
  • un lien avec le titre ou le thème.

Critères d’évaluation :

CritèreIndicateurs
Compréhension du passagel’enjeu est correctement dégagé
Outils d’analyse4 outils nommés et appliqués au texte
Justification par le texte2 relevés pertinents et bien intégrés
Languephrases correctes, connecteurs, lexique d’analyse
Structureintroduction, développement, ouverture claire

5. Réfléchir Link to heading

  • Je sais nommer et appliquer 4 outils d’analyse romanesque.
  • Je comprends un incipit et j’en dégage l’enjeu.
  • Je reconnais le discours indirect libre et j’explique son effet.
  • Je rédige une analyse argumentée d’environ 300 mots.
  • Je justifie mes idées par des relevés précis dans le texte.

Évaluation Link to heading

Épreuve type (compréhension écrite + expression écrite) — 30 points

Tâche 1 — Compréhension écrite (« Leseverstehen »), 10 pts. À partir d’un court incipit original fourni, répondez à 5 questions (identification du narrateur, du lieu, de l’enjeu, d’un motif, d’un effet de rythme). (2 pts par réponse.)

Tâche 2 — Outils d’analyse, 8 pts. Identifiez et justifiez 4 procédés dans le même extrait. (2 pts par procédé : 1 pt identification + 1 pt justification.)

Tâche 3 — Expression écrite (« Schreiben »), 12 pts. Rédigez une analyse de passage d’environ 300 mots. (Barème : contenu / outils 5 pts · justification par le texte 3 pts · langue 3 pts · structure 1 pt.)

Total : 30 points.

Notes pour l’enseignant·e Link to heading

Déroulé (45 min) : Situation de départ + Activer 6’ · Apporter 13’ · S’entraîner 12’ · Produire 10’ · Réfléchir 2’ · consignes/transition 2'.

Organisation : Situation de départ en plénière ; Apporter en exposé court + lecture guidée du texte C ; S’entraîner en binômes (correction croisée) ; Produire commencé en classe, terminé à la maison si nécessaire.

Différenciation : voir le bloc G/M/E de la section 3. Pour G, fournir la table lexicale et un modèle de phrase d’analyse ; pour E, retirer les supports et demander une ouverture comparative avec un roman lu en autonomie.

Point de vigilance (droit d’auteur) : ne pas distribuer d’extraits d’œuvres protégées. Les romans contemporains (Slimani, Modiano, etc.) sont mentionnés et paraphrasés, jamais reproduits. Tout texte support doit être original ou du domaine public.

Sources Link to heading

Téléchargements

Écouter

Le vocabulaire, les dialogues et les textes de cette unité en audio, dits par une voix native. Le texte parlé figure en dessous.

Dialogue 1
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Léa : Écoute la première phrase que je viens de lire : le narrateur annonce la fin dès la première ligne. On sait déjà que ça finit mal.
Marius : Étrange. Pourquoi commencer par la fin ? On n'a plus envie de lire, non ?
Léa : Au contraire ! Maintenant, la seule question, c'est comment on en arrive là. Ce n'est plus quoi, c'est pourquoi.
Marius : Donc l'incipit ne raconte pas : il tend un piège au lecteur.

Vocabulaire 1
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l'incipit (m.) · la focalisation · le·la narrateur·rice · le rythme · le registre · le motif · le dénouement · une antiphrase

Texte 1
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La fenêtre du douzième étage (texte original, écrit pour ce cours)
Le téléphone sonna à six heures. Clara ne répondit pas. Depuis la fenêtre du douzième étage, elle regardait la ville s'éveiller sous une pluie fine. En bas, les voitures glissaient sans bruit, comme des poissons gris dans un aquarium trouble.
Elle savait déjà que ce jour ne ressemblerait à aucun autre. Sur la table, la lettre attendait, toujours fermée. Fallait-il vraiment l'ouvrir ? Elle n'en était plus si sûre.
Le téléphone sonna encore. Puis se tut.

Vocabulaire 2
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Compréhension du passage · Outils d'analyse · Justification par le texte · Langue · Structure