Unité 4 — Court-métrage francophone

Parcours E (lycée) · classe 11 · Niveau E

Modèle : Activer → Apporter → S’entraîner → Produire → Réfléchir · Niveau : E (Oberstufe)

Objectifs Link to heading

  • Je peux comprendre un court-métrage francophone (récit, dialogues, ambiance) et en dégager le sens.
  • Je peux nommer et employer 8 termes du langage filmique (plan, cadrage, ellipse, voix off…).
  • Je peux décrire un plan précis et expliquer l’effet qu’il produit sur le spectateur.
  • Je peux rédiger une fiche d’analyse structurée (~250 mots) sur un court-métrage de mon choix.
  • Je peux réagir de façon argumentée au message d’un film et justifier mon interprétation.

Situation de départ Link to heading

Après la sonnerie, deux élèves sortent de la salle de projection.

Léa. — Alors, ce court-métrage ? Moi, la fin m’a bluffée.

Sofiane. — Tu as remarqué le tout premier plan ? La caméra reste très longtemps sur les mains du personnage, sans jamais montrer son visage.

Léa. — Oui ! On devine son émotion, mais on ne la voit pas. C’est plus fort que si le réalisateur montrait tout.

Sofiane. — Exactement. Et il n’y a presque pas de dialogue. Quinze minutes, et pourtant on comprend toute une histoire.

Léa. — Un court, ça ne dit pas moins qu’un long-métrage. Ça dit autrement.

Pour activer :

  1. Comment Léa et Sofiane parlent-ils du film : de l’histoire, ou de la manière de filmer ?
  2. Repérez deux expressions du langage filmique dans le dialogue.
  3. À votre avis, pourquoi un plan sur les mains « sans montrer le visage » peut-il être « plus fort » ?

1. Activer Link to heading

  • Quel court-métrage avez-vous déjà vu (en cours, en ligne, en festival) ? En une phrase, de quoi parlait-il ?
  • Plan, scène, séquence : sauriez-vous distinguer ces trois mots ?
  • Pourquoi choisir le format court (3–15 min) plutôt qu’un long-métrage ? Notez deux hypothèses.
  • Complétez : « Dans un court-métrage, chaque plan compte parce que… »

2. Apporter Link to heading

A. Vocabulaire — le langage filmique Link to heading

Terme (français)Définition
le planunité de prise de vue entre deux coupes
le cadragece que le cadre montre / laisse hors champ
le gros planun visage ou un objet filmé de très près
le plan d’ensemblevue large qui situe le lieu et l’action
le plan-séquenceune scène entière filmée en un seul plan, sans coupe
le champ / contrechampdeux plans alternés, typiques d’un dialogue
l’ellipse (f.)un saut dans le temps que le film ne montre pas
la voix offune voix que l’on entend sans voir la personne
le montagel’assemblage des plans qui crée le rythme
la bande-sonmusique, bruits et dialogues du film

Point de langue — décrire un plan et son effet

Pour analyser, on emploie le présent (présent de commentaire) et des structures qui relient le procédé à son effet :

  • Le procédé : Le réalisateur / La réalisatrice utilise un gros plan sur… · Le film s’ouvre sur… · La caméra reste fixe / suit le personnage.
  • L’effet : Ce plan crée une impression de tension. · Ce cadrage suggère que… · Grâce à la voix off, on comprend que… · Ce choix a pour effet de rapprocher le spectateur du personnage.
  • Relier les deux : Le silence, qui dure toute la scène, renforce le malaise. · En filmant les mains plutôt que le visage, le réalisateur nous invite à imaginer l’émotion.

Attention à l’orthographe : plan-séquence (trait d’union) ; une voix offdes voix off (invariable).

B. Méthode — analyser un court-métrage en 4 étapes Link to heading

  1. Synopsis — l’histoire en 3 phrases, sans révéler toute la fin.
  2. Réalisation — qui, quand, durée, pays ; genre (fiction, animation, documentaire).
  3. Plans-clés — choisir 2 ou 3 plans et décrire leur cadrage + leur effet.
  4. Interprétation — quel thème, quel message ? Justifier par un procédé.

C. Texte-modèle (original) — fiche d’un court-métrage imaginaire Link to heading

« Le Dernier Bus » — fiche d’analyse (exemple)

Synopsis. Une nuit, une lycéenne rate son bus et attend seule à un arrêt éclairé. Un inconnu s’assoit à l’autre bout du banc. Sans un mot, une confiance fragile finit par naître entre eux.

Réalisation. Court-métrage de fiction, 11 minutes, tourné dans une petite ville la nuit.

Plans-clés.

  1. Un plan d’ensemble montre l’arrêt minuscule au milieu du noir : ce cadrage crée une impression de solitude et d’attente.
  2. Un gros plan sur les mains de la lycéenne, qui serrent son ticket, suggère sa nervosité sans qu’elle parle.
  3. En champ-contrechamp, les deux personnages échangent enfin un regard : le montage rapproche peu à peu deux inconnus.

Interprétation. Le film traite de la méfiance et de la manière dont elle peut se défaire. En filmant surtout des silences et des gestes, la réalisatrice nous invite à lire les émotions plutôt qu’à les entendre.

(Ce court-métrage est inventé pour l’exercice : servez-vous-en comme d’un patron.)

D. Note culturelle — le court-métrage, un cinéma à part entière Link to heading

Le court-métrage n’est pas seulement un « petit film » : c’est une forme reconnue, souvent le lieu où de futurs cinéastes font leurs premières armes. En France, le Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand, né en 1979, est présenté comme le plus grand rendez-vous mondial consacré au format court ; il attire chaque année un large public et un marché professionnel du film. Beaucoup de réalisateurs et de réalisatrices connus ont d’abord été remarqués grâce à un court-métrage. (Fait paraphrasé de Wikipédia, CC BY-SA ; voir Sources.)

3. S’entraîner Link to heading

Ex. 1 — Compréhension du texte-modèle (C). Répondez par une phrase complète. a) Où et quand se passe l’histoire ? b) Que montre le tout premier plan-clé ? c) Quel procédé traduit la nervosité du personnage ? d) Quel est le thème du film ?

Ex. 2 — Le bon terme. Complétez avec : gros plan · ellipse · voix off · plan-séquence. a) On passe du matin au soir sans rien montrer entre les deux : c’est une ______. b) Toute la scène du dîner est filmée sans une seule coupe : c’est un ______. c) On entend les pensées du héros alors qu’on le voit marcher : c’est une ______. d) La caméra s’approche tout près d’un œil qui pleure : c’est un ______.

Ex. 3 — Procédé → effet. Reliez chaque procédé à l’effet qu’il produit.

ProcédéEffet
1. plan d’ensemble sur un lieu videa. rapproche deux personnages en dialogue
2. gros plan sur des mains qui tremblentb. situe l’action et crée une impression de solitude
3. champ-contrechampc. montre une émotion sans qu’on la dise

Ex. 4 — Mini-rédaction. Choisissez un court-métrage (ou une scène) que vous connaissez et écrivez un synopsis en 3 phrases (règle : ne pas révéler toute la fin).

Solutions Link to heading

Ex. 1. a) Dans une petite ville, la nuit, à un arrêt de bus. b) Un plan d’ensemble sur l’arrêt minuscule au milieu du noir (solitude, attente). c) Un gros plan sur ses mains qui serrent le ticket. d) La méfiance et la manière dont elle se défait.

Ex. 2. a) ellipse — b) plan-séquence — c) voix off — d) gros plan.

Ex. 3. 1 → b ; 2 → c ; 3 → a.

Ex. 4. Réponse libre. Critères : 3 phrases, présent, un cadre (qui / où / quand) clair, la fin non entièrement dévoilée.

Différenciation. G — l’Ex. 2 est fourni avec la liste de mots (repérage). M — pour l’Ex. 3, justifier à l’oral chaque association en une phrase. E — pour l’Ex. 4, ajouter un plan-clé décrit avec son effet, en réemployant une structure du point de langue.

4. Produire Link to heading

Tâche d’écriture (Niveau E, ~250 mots) — une fiche d’analyse.

Rédigez la fiche d’analyse d’un court-métrage francophone de votre choix (vu en cours ou en ligne, sur une plateforme légale). Suivez les 4 étapes de la méthode :

  1. Synopsis (3 phrases, sans tout dévoiler).
  2. Réalisation (qui, quand, durée, genre).
  3. 2 ou 3 plans-clés : décrivez le cadrage et l’effet de chacun.
  4. Interprétation : thème + message, justifié par au moins un procédé.

Employez au moins 6 termes du langage filmique et deux structures « procédé → effet » du point de langue. Ne recopiez ni le dialogue ni aucune image du film : décrivez avec vos propres mots.

Critères d’évaluation (20 pts).

  • Contenu et structure en 4 étapes — 6 pts
  • Vocabulaire filmique (≥ 6 termes, employés correctement) — 5 pts
  • Structures « procédé → effet » (≥ 2, correctes) — 4 pts
  • Langue (présent de commentaire, orthographe, phrases claires) — 4 pts
  • Interprétation personnelle et argumentée — 1 pt

5. Réfléchir Link to heading

  • Je sais expliquer la différence entre plan, scène et séquence.
  • Je connais et j’emploie au moins 8 termes du langage filmique.
  • Je sais décrire un plan et nommer l’effet qu’il produit.
  • Je rédige une fiche d’analyse en 4 étapes.
  • Je propose une interprétation que je justifie par un procédé.

Évaluation Link to heading

Épreuve — compréhension audiovisuelle + analyse écrite (30 pts). (Aligne : 3.1.3.1 compréhension orale/audiovisuelle · 3.1.4 compétence textuelle et médiatique.)

Tâche 1 — Compréhension audiovisuelle (12 pts). Après deux visionnages d’un court-métrage francophone (choisi par l’enseignant·e, ≤ 8 min, sur une plateforme légale), répondez en français : a) Résumez l’histoire en 3 phrases. (4 pts) b) Décrivez le plan d’ouverture : que montre-t-il, quel effet produit-il ? (4 pts) c) Le film a-t-il beaucoup de dialogue, ou raconte-t-il surtout par l’image et le son ? Justifiez par un exemple. (4 pts)

Tâche 2 — Langage filmique (6 pts). Identifiez le procédé décrit dans chaque situation (ellipse, gros plan, voix off, plan-séquence, champ-contrechamp, plan d’ensemble). 6 items × 1 pt.

Tâche 3 — Expression écrite (12 pts). Rédigez la fiche d’analyse du film visionné (~180–220 mots) : synopsis, réalisation, 2 plans-clés (cadrage + effet), interprétation. Emploi correct d’au moins 5 termes filmiques.

Barème global : 30 pts → répartition ci-dessus. Réussite à partir de 15 pts.

Notes pour l’enseignant·e Link to heading

Durée : 45 min.

  • Activer (5’) : Situation de départ + questions, à l’oral, en classe entière.
  • Apporter (14’) : vocabulaire (A) et point de langue en frontal court ; méthode (B) et texte-modèle (C) en lecture guidée ; note culturelle (D) lue à voix haute.
  • S’entraîner (12’) : Ex. 1–3 en binômes, Ex. 4 en individuel ; correction avec la section Solutions.
  • Produire (11’) : lancement de la fiche d’analyse (rédaction achevée en devoir maison si besoin).
  • Réfléchir (3’) : checklist individuelle.

Organisation. Prévoir un court-métrage francophone libre de droits ou accessible légalement (plateforme d’un festival, chaîne officielle, offre pédagogique). Deux visionnages : le premier pour l’histoire, le second pour les procédés. Aucune reproduction du script ni des images n’est nécessaire : le travail porte sur la description.

Différenciation. G : donner la liste de termes en support pour la Tâche 2 et l’Ex. 2. M : imposer 6 termes en Produire. E : exiger une interprétation argumentée avec deux procédés reliés à leur effet, et un lexique varié.

Sources Link to heading

Plateforme non affiliée aux festivals, éditeurs ou ayants droit cités. Tous les textes et dialogues de cette unité sont originaux ; le court-métrage « Le Dernier Bus » est fictif et sert uniquement de modèle pédagogique.

Téléchargements

Écouter

Le vocabulaire, les dialogues et les textes de cette unité en audio, dits par une voix native. Le texte parlé figure en dessous.

Texte 1
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Léa. — Alors, ce court-métrage ? Moi, la fin m'a bluffée.
Sofiane. — Tu as remarqué le tout premier plan ? La caméra reste très longtemps sur les mains du personnage, sans jamais montrer son visage.
Léa. — Oui ! On devine son émotion, mais on ne la voit pas. C'est plus fort que si le réalisateur montrait tout.
Sofiane. — Exactement. Et il n'y a presque pas de dialogue. Quinze minutes, et pourtant on comprend toute une histoire.
Léa. — Un court, ça ne dit pas moins qu'un long-métrage. Ça dit autrement.

Vocabulaire 1
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le plan · le cadrage · le gros plan · le plan d'ensemble · le plan-séquence · le champ / contrechamp · l'ellipse (f.) · la voix off · le montage · la bande-son

Dialogue 1
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Le Dernier Bus — fiche d'analyse (exemple)
Synopsis. Une nuit, une lycéenne rate son bus et attend seule à un arrêt éclairé. Un inconnu s'assoit à l'autre bout du banc. Sans un mot, une confiance fragile finit par naître entre eux.
Réalisation. Court-métrage de fiction, 11 minutes, tourné dans une petite ville la nuit.
Plans-clés.
1. Un plan d'ensemble montre l'arrêt minuscule au milieu du noir : ce cadrage crée une impression de solitude et d'attente.
2. Un gros plan sur les mains de la lycéenne, qui serrent son ticket, suggère sa nervosité sans qu'elle parle.
3. En champ-contrechamp, les deux personnages échangent enfin un regard : le montage rapproche peu à peu deux inconnus.
Interprétation. Le film traite de la méfiance et de la manière dont elle peut se défaire. En filmant surtout des silences et des gestes, la réalisatrice nous invite à lire les émotions plutôt qu'à les entendre.