Unité 11 — Préparer un discours
Parcours E (lycée) · classe 10 · Niveau E
Objectifs Link to heading
- Je peux structurer un discours court (3 minutes) en quatre parties claires : accroche, corps, moment fort, chute.
- Je peux repérer et employer cinq figures de style rhétoriques (anaphore, triade, métaphore, question rhétorique, gradation).
- Je peux rédiger un discours-cause d’environ 250 mots sur un thème engagé (climat, solidarité, école inclusive).
- Je peux prononcer ce discours à l’oral en soignant le rythme, les pauses et le regard.
- Je peux relire et améliorer un discours à l’aide d’une grille de critères.
Situation de départ Link to heading
Cérémonie de fin de secondaire I au collège. Dans le couloir, Mme Lefèvre s’approche d’Anouk, un dossier sous le bras.
Mme Lefèvre. — Anouk, tu écris bien et tu parles clairement. Accepterais-tu de prononcer le discours d’adieu, au nom de toute la classe ?
Anouk. — Moi ? Devant tout le monde ? Mais… je n’ai jamais fait ça.
Mme Lefèvre. — Justement. Tu as quatre jours. Commence par te demander une seule chose : qu’est-ce que je veux que les gens ressentent à la fin ?
Anouk. — Qu’ils sourient… et qu’ils aient un peu envie de pleurer, en même temps.
Mme Lefèvre. — Alors tu tiens déjà ton discours. Le reste, c’est du travail.
Questions d’activation :
- Quel conseil Mme Lefèvre donne-t-elle avant même de parler de structure ?
- Selon vous, pourquoi un discours doit-il viser une émotion précise ?
- Anouk a peur. Que feriez-vous à sa place pour vous préparer ?
1. Activer Link to heading
Répondez oralement, à deux, puis mettez en commun.
- Avez-vous déjà parlé devant un groupe (exposé, mariage, vidéo) ? Comment vous êtes-vous senti·e ?
- Quelle figure de style connaissez-vous déjà (en français, en allemand ou en anglais) ?
- À votre avis, qu’est-ce qui est le plus difficile : écrire un discours ou le dire ? Pourquoi ?
- Citez un discours célèbre (réel ou de film) qui vous a marqué·e. Qu’est-ce qui le rendait fort ?
2. Apporter Link to heading
A. Le plan en quatre parties Link to heading
Un discours court se construit comme un petit voyage : on capte l’attention, on développe, on touche, puis on conclut.
| Partie | Fonction | Contenu possible |
|---|---|---|
| accroche | attirer l’attention | citation, anecdote, question directe |
| corps | développer le propos | 2 ou 3 idées, avec des exemples concrets |
| moment fort | créer l’émotion | image, souvenir, appel au public |
| chute | rester dans les mémoires | vœu, appel à l’action, mot final marquant |
B. Cinq figures de style utiles Link to heading
| Figure | Effet recherché | Exemple |
|---|---|---|
| anaphore | insister, rythmer | Je crois… Je crois… Je crois… |
| triade (rythme ternaire) | équilibre, mémorisation | liberté, égalité, fraternité |
| métaphore | rendre une idée sensible | l’école est un long voyage |
| question rhétorique | impliquer l’auditoire | Qui, ici, n’a jamais douté ? |
| gradation | monter en intensité | un pas, un élan, un envol |
Point de langue — les outils de l’orateur ou oratrice
- L’apostrophe d’ouverture s’adresse directement au public : « Chères et chers camarades, », « Mesdames, messieurs, ».
- Le présent et le futur dominent : le présent rapproche (nous sommes ici), le futur projette (demain, nous partirons).
- Les connecteurs guident l’auditoire : d’abord… ensuite… enfin…, car, pourtant, c’est pourquoi.
- Le rythme ternaire (trois éléments) sonne juste à l’oreille : Cinq ans d’efforts, cinq ans de rires, cinq ans d’amitié.
- À l’oral : marquez une pause après une idée forte ; ralentissez sur la chute ; regardez le public, pas vos notes.
C. Le discours d’Anouk (texte original) Link to heading
Mesdames, messieurs, chères et chers camarades,
Nous voici à la fin du collège. Cinq ans ensemble. Cinq ans d’apprentissages. Cinq ans d’amitié.
Je me souviens de la sixième. Le premier jour, Mme Devos nous a demandé d’écrire notre prénom au tableau. « C’est ainsi que commence un long voyage », a-t-elle dit. Et elle avait raison.
Depuis, nous avons traversé bien des pays sans quitter la salle : la Bretagne et ses légendes, le Québec et son accent, la France des grandes dates, les voix de la francophonie du monde entier. Notre français est devenu un pont — un pont entre nous, et un pont vers le monde.
Alors je voudrais dire merci. Merci à nos professeur·es, merci à nos familles, et merci à vous, mes camarades : sans vous, je ne serais pas ici, à cet instant, à vous parler.
Demain, nos routes vont se séparer. Certain·es continueront ici, d’autres ailleurs. Mais le voyage, lui, continue.
On dit souvent que le français est une matière. Je crois que c’est plutôt une manière de regarder le monde et d’aller vers les autres. Gardez cette manière-là. Bonne route à toutes et à tous — et à bientôt !
D. Note culturelle — d’où vient l’art de bien parler ? Link to heading
L’art de composer un discours pour convaincre porte un nom ancien : la rhétorique. Dans l’Antiquité grecque et romaine, elle formait une véritable discipline scolaire. Les théoriciens distinguaient plusieurs étapes de préparation, dont l’invention (trouver les idées), la disposition (les organiser dans un ordre efficace) et l’élocution (choisir les mots et les figures). On enseignait aussi une structure de base pour un discours : une ouverture destinée à gagner la bienveillance du public, l’exposé des faits, l’argumentation, puis une conclusion, la péroraison, chargée de l’émotion finale. Ces principes, vieux de plus de deux mille ans, restent visibles aujourd’hui dans les discours politiques, les plaidoiries et même les présentations en ligne.
(Faits paraphrasés d’après l’article « Rhétorique », Wikipédia, licence CC BY-SA — voir Sources.)
3. S’entraîner Link to heading
Exercice 1 — Compréhension (texte C).
- À qui Anouk s’adresse-t-elle dans sa première phrase ?
- Quelle anecdote raconte-t-elle à propos de la sixième ?
- Citez trois « pays » que la classe a « traversés ».
- Quelle est la chute (dernière phrase) du discours ?
Exercice 2 — Repérer les figures. Relevez dans le discours d’Anouk une anaphore, une métaphore et une triade, et recopiez l’exemple exact.
Exercice 3 — Construire des triades. Composez deux triades (trois éléments chacune) sur les thèmes : amitié et avenir. Exemple donné : l’école : des devoirs, des amis, des souvenirs.
Exercice 4 — De la phrase plate à la phrase d’orateur. Réécrivez chaque phrase en y ajoutant la figure demandée.
- Nous devons agir. → ajoutez une anaphore (répétez « nous devons »).
- L’avenir sera difficile. → transformez en métaphore.
- Est-ce que vous êtes prêts ? → transformez en question rhétorique plus forte.
Solutions Link to heading
Exercice 1. 1) À ses camarades (et, plus largement, aux professeur·es et aux familles présent·es : « Mesdames, messieurs, chères et chers camarades »). 2) Le premier jour de sixième, Mme Devos a demandé aux élèves d’écrire leur prénom au tableau et a parlé d’un « long voyage ». 3) Trois au choix : la Bretagne, le Québec, la France (des grandes dates), la francophonie du monde. 4) « Bonne route à toutes et à tous — et à bientôt ! »
Exercice 2. Anaphore : « Cinq ans ensemble. Cinq ans d’apprentissages. Cinq ans d’amitié. » — Métaphore : « Notre français est devenu un pont » (ou « un long voyage »). — Triade : « la Bretagne, le Québec, la France » (ou « Merci à nos professeur·es, merci à nos familles, et merci à vous »).
Exercice 3. Réponses libres. Modèles : amitié : rire, écoute, confiance. avenir : choisir, oser, construire.
Exercice 4. Réponses libres. Modèles : 1) Nous devons agir, nous devons agir vite, nous devons agir ensemble. 2) L’avenir est une montagne à gravir. 3) Qui, parmi nous, oserait rester sans rien faire ? — Gradation (E) : un doute, une hésitation, un renoncement.
4. Produire Link to heading
Tâche (expression écrite + orale, niveau E — environ 250 mots / 3 minutes) :
Rédigez puis prononcez un discours-cause sur un thème qui vous tient à cœur (climat, solidarité, école inclusive, sport, culture…). Votre discours doit contenir :
- les quatre parties (accroche, corps, moment fort, chute) ;
- au moins trois figures de style différentes ;
- une citation ou une formule marquante ;
- une chute mémorable (appel, vœu ou image forte).
Entraînez-vous à voix haute au moins deux fois avant de présenter.
Critères d’évaluation (production)
| Critère | Indicateurs |
|---|---|
| Structure | les 4 parties sont présentes et reconnaissables |
| Richesse rhétorique | 3 figures de style employées avec justesse |
| Langue | phrases correctes, vocabulaire du discours, connecteurs |
| Chute | conclusion nette, formule qui reste en mémoire |
| Oral | rythme, pauses, regard, voix audible |
5. Réfléchir Link to heading
Cochez ce que vous maîtrisez ; entourez ce qui reste à travailler.
- Je sais structurer un discours en quatre parties.
- J’emploie au moins trois figures de style.
- Je choisis une accroche et une chute efficaces.
- J’utilise des connecteurs pour guider l’auditoire.
- Je tiens trois minutes à l’oral en regardant le public.
Évaluation Link to heading
Devoir surveillé (« Klassenarbeit ») — niveau E
Tâche 1 — Compréhension écrite (10 points). Lisez le discours d’Anouk (texte C) et répondez à cinq questions (destinataires, anecdote, figures, thème central, chute).
Tâche 2 — Repérage des figures de style (8 points). Identifiez quatre figures dans un court passage donné et nommez-les.
Tâche 3 — Expression écrite (« Schreiben ») (12 points). Rédigez un discours-cause d’environ 250 mots (quatre parties, trois figures de style, une chute marquante).
Barème : 30 points au total.
- 27–30 : très bien · 23–26 : bien · 18–22 : satisfaisant · 13–17 : passable · < 13 : à retravailler.
Détail de la Tâche 3 : structure /4 · figures de style /3 · langue /3 · chute /2.
Notes pour l’enseignant·e Link to heading
Durée : 45 minutes.
- Activer (4 min) : situation de départ + questions à deux.
- Apporter (13 min) : plan en 4 parties, figures de style, lecture du discours d’Anouk, note culturelle.
- S’entraîner (12 min) : exercices 1 à 4, correction rapide à l’aide des Solutions.
- Produire (12 min) : lancement de la rédaction du discours-cause (à terminer et présenter à la séance suivante).
- Réfléchir (2 min) : grille d’auto-évaluation.
- Aperçu / transition (2 min).
Organisation : travail à deux pour Activer et S’entraîner ; l’oral du discours-cause peut être enregistré (audio) pour gagner du temps et permettre l’auto-évaluation.
Différenciation : voir l’encadré G/M/E dans la partie S’entraîner. Pour les élèves fragiles à l’oral, autoriser des fiches-repères (mots-clés) plutôt qu’un texte intégral. Pour les plus à l’aise, proposer une improvisation d’une minute sur un thème tiré au sort.
Sources Link to heading
- « Rhétorique » — Wikipédia (consulté en 2026), https://fr.wikipedia.org/wiki/Rh%C3%A9torique — licence CC BY-SA 4.0.
- « Anaphore (rhétorique) » — Wikipédia (consulté en 2026), https://fr.wikipedia.org/wiki/Anaphore_(rh%C3%A9torique) — licence CC BY-SA 4.0.
- Discours francophones du domaine public — Gallica, Bibliothèque nationale de France, https://gallica.bnf.fr/ (ressources pour aller plus loin).
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Le vocabulaire, les dialogues et les textes de cette unité en audio, dits par une voix native. Le texte parlé figure en dessous.
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Mme Lefèvre. — Anouk, tu écris bien et tu parles clairement. Accepterais-tu de prononcer le discours d'adieu, au nom de toute la classe ?
Anouk. — Moi ? Devant tout le monde ? Mais… je n'ai jamais fait ça.
Mme Lefèvre. — Justement. Tu as quatre jours. Commence par te demander une seule chose : qu'est-ce que je veux que les gens ressentent à la fin ?
Anouk. — Qu'ils sourient… et qu'ils aient un peu envie de pleurer, en même temps.
Mme Lefèvre. — Alors tu tiens déjà ton discours. Le reste, c'est du travail.
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accroche · corps · moment fort · chute
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anaphore · triade (rythme ternaire) · métaphore · question rhétorique · gradation
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Mesdames, messieurs, chères et chers camarades,
Nous voici à la fin du collège. Cinq ans ensemble. Cinq ans d'apprentissages. Cinq ans d'amitié.
Je me souviens de la sixième. Le premier jour, Mme Devos nous a demandé d'écrire notre prénom au tableau. C'est ainsi que commence un long voyage , a-t-elle dit. Et elle avait raison.
Depuis, nous avons traversé bien des pays sans quitter la salle : la Bretagne et ses légendes, le Québec et son accent, la France des grandes dates, les voix de la francophonie du monde entier. Notre français est devenu un pont — un pont entre nous, et un pont vers le monde.
Alors je voudrais dire merci. Merci à nos professeur·es, merci à nos familles, et merci à vous, mes camarades : sans vous, je ne serais pas ici, à cet instant, à vous parler.
Demain, nos routes vont se séparer. Certain·es continueront ici, d'autres ailleurs. Mais le voyage, lui, continue.
On dit souvent que le français est une matière. Je crois que c'est plutôt une manière de regarder le monde et d'aller vers les autres. Gardez cette manière-là. Bonne route à toutes et à tous — et à bientôt !
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Structure · Richesse rhétorique · Langue · Chute · Oral

