Unité 10 — Cinéma québécois
Parcours E (lycée) · classe 8 · Niveau E
Objectifs Link to heading
- Je peux comprendre l’essentiel d’une présentation orale sur un film et repérer les informations clés (réalisateur·rice, année, sujet).
- Je peux situer le cinéma québécois dans son contexte francophone et nommer quelques repères historiques et culturels.
- Je peux présenter un film en continu (environ 90 secondes) : titre, année, réalisateur·rice, intrigue, scène marquante et jugement personnel.
- Je peux exprimer une opinion nuancée sur une œuvre avec des verbes et des connecteurs adaptés.
- Je peux reconnaître quelques traits du français québécois sans les confondre avec des « fautes ».
Situation de départ Link to heading
Scène originale — dans un couloir du lycée, à la sortie d’un atelier cinéma.
Lina : Alors, cet atelier « francophonie » ? Tu as choisi quel pays ?
Théo : Le Québec. On devait présenter un film, mais sans montrer d’extrait — juste en parler. J’ai pris un film québécois primé.
Lina : Québécois ? Ils font des films en français, là-bas ?
Théo : Oui, tout un cinéma ! Et l’accent est différent de celui de Paris. Au début, j’ai eu du mal, puis l’oreille s’habitue.
Lina : Et tu as parlé combien de temps ?
Théo : Une minute trente, en continu. Titre, réalisateur, l’intrigue en trois phrases, et pour finir mon avis. Le plus dur, c’était de ne pas lire mes notes !
Questions d’activation :
- Quelle contrainte l’atelier impose-t-il (regardez la réplique de Théo) ?
- Quelle difficulté Théo mentionne-t-il à propos de la langue ?
- Que doit contenir une bonne présentation orale, d’après lui ?
1. Activer Link to heading
- Quels films francophones (France, Belgique, Afrique, Canada…) connaissez-vous ?
- À votre avis, en quoi le français du Québec peut-il surprendre une oreille habituée au français de France ?
- Quand vous regardez un film étranger : version doublée ou version originale sous-titrée ? Pourquoi ?
- Quels mots français du vocabulaire du cinéma connaissez-vous déjà ? Faites une liste rapide au tableau.
2. Apporter Link to heading
A. Vocabulaire du cinéma Link to heading
| Français | Catégorie | Aide / synonyme |
|---|---|---|
| un·e réalisateur·rice | personnes | celui/celle qui dirige le film |
| un·e acteur·rice | personnes | interprète un rôle |
| un personnage | récit | figure de l’histoire |
| l’intrigue (f.) | récit | la trame, l’histoire |
| une scène | récit | un moment du film |
| une bande-annonce | promotion | court extrait publicitaire |
| le générique | technique | liste des noms (début/fin) |
| la mise en scène | technique | façon de filmer et diriger |
| primé·e | jugement | qui a reçu un prix |
| émouvant·e | jugement | qui touche, qui émeut |
B. Point de langue — exprimer et nuancer une opinion Link to heading
Donner son avis sur un film
- Opinion positive : J’ai adoré… · Ce film m’a beaucoup touché·e · Je recommande vivement…
- Opinion nuancée : J’ai bien aimé, mais… · C’est intéressant, même si… · Le rythme est lent, pourtant l’histoire est forte.
- Opinion négative (polie) : Je n’ai pas été convaincu·e par… · Ce n’est pas mon genre de film.
Structure utile : verbe d’opinion + que + indicatif → Je trouve que l’intrigue est bien construite. Après ne pas penser que / ne pas croire que, on emploie souvent le subjonctif : Je ne pense pas que ce soit un chef-d’œuvre.
Connecteurs pour structurer : d’abord · ensuite · de plus · en revanche · pour finir.
C. Texte original — mini-présentation orale (modèle) Link to heading
Aujourd’hui, je vous présente un film québécois que j’ai découvert en atelier.
D’abord, le contexte : c’est une œuvre en français, tournée au Québec, avec un accent différent de celui qu’on entend à Paris. La réalisation est soignée et la mise en scène met en valeur les paysages d’hiver.
Ensuite, l’intrigue : un personnage arrive dans un nouveau milieu et doit trouver sa place. Peu à peu, il tisse des liens avec les autres et affronte un passé difficile. Le récit avance lentement, mais chaque scène compte.
De plus, un moment m’a particulièrement ému·e : une conversation très simple, presque sans musique, où les silences en disent plus que les mots.
Pour finir, mon avis : j’ai bien aimé ce film, même si le rythme est calme. Je le recommande à qui veut découvrir le français du Québec et un cinéma sensible. Ce n’est pas un film d’action, mais il reste longtemps en mémoire.
D. Note culturelle — le cinéma québécois (source ouverte, paraphrasée) Link to heading
Le Québec possède une production cinématographique en français ancienne et reconnue. Un acteur institutionnel majeur est l’Office national du film du Canada (ONF), organisme public fondé en 1939, qui a longtemps soutenu documentaires et films de fiction. À partir des années 1960, un courant appelé « cinéma direct » privilégie le tournage sur le vif, caméra à l’épaule et son synchrone, pour filmer la réalité sociale du Québec. Depuis, plusieurs films québécois ont circulé dans les grands festivals internationaux et ont été primés ou sélectionnés, ce qui a contribué à faire connaître cette cinématographie francophone au-delà du Canada. (Faits paraphrasés d’après l’article « Cinéma québécois », Wikipédia, licence CC BY-SA.)
Sur le plan de la langue, le français québécois partage la grammaire et l’orthographe du français standard, mais présente des particularités : une prononciation propre (certaines voyelles, l’affrication de t/d devant i/u), un vocabulaire régional et des expressions locales. Ces traits ne sont pas des « fautes » : ce sont des variantes régionales d’une même langue. (D’après l’article « Français québécois », Wikipédia, licence CC BY-SA.)
3. S’entraîner Link to heading
Ex. 1 — Compréhension orale (l’enseignant·e lit le texte C à voix haute).
- De quel pays / région vient le film présenté ?
- Comment le locuteur décrit-il le rythme du film ?
- Quelle scène l’a particulièrement ému·e ?
- Quel est son avis final : positif, négatif ou nuancé ? Justifiez.
Ex. 2 — Vocabulaire. Reliez chaque mot à sa définition.
- a) l’intrigue — b) le générique — c) la mise en scène — d) une bande-annonce — e) primé
- court extrait publicitaire · 2) qui a reçu un prix · 3) la trame de l’histoire · 4) la liste des noms · 5) la façon de filmer et de diriger
Ex. 3 — Point de langue. Complétez avec un verbe ou connecteur d’opinion (plusieurs réponses possibles).
- ______, je trouve que l’intrigue est bien construite.
- Le rythme est lent, ______ l’histoire est forte.
- Je ne pense pas que ce film ______ (être) un chef-d’œuvre, mais il est réussi.
- ______, je recommande cette œuvre à toute la classe.
Ex. 4 — Expression guidée. Transformez ces notes en deux phrases complètes et reliées. Notes : film québécois · accent différent · scène émouvante · avis : à voir.
Différenciation (G / M / E)
- G (base) : l’Ex. 4 peut se faire avec un début de phrase fourni (« C’est un film québécois où… »).
- M (standard) : rédaction libre des deux phrases avec au moins un connecteur.
- E (approfondi) : ajouter une phrase d’opinion nuancée (structure … mais / même si …) et un verbe suivi du subjonctif.
Solutions Link to heading
Ex. 1. 1) Du Québec (Canada), film en français. 2) Un rythme lent / calme. 3) Une conversation très simple, presque sans musique, où les silences comptent. 4) Avis nuancé mais positif : il aime le film « même si le rythme est calme » et le recommande.
Ex. 2. a–3 · b–4 · c–5 · d–1 · e–2.
Ex. 3. Réponses possibles : 1) D’abord / Personnellement. 2) pourtant / en revanche. 3) soit (subjonctif après ne pas penser que). 4) Pour finir / En conclusion.
Ex. 4. Exemple : « C’est un film québécois où l’accent est différent de celui de France. Une scène m’a beaucoup ému·e, et je pense que ce film est à voir. » (Réponses libres, correction sur la construction et les connecteurs.)
4. Produire Link to heading
Tâche orale (Niveau E, production en continu, environ 90 secondes)
Présentez, sans support projeté et sans lire vos notes, un film francophone de votre choix (québécois de préférence). Votre présentation doit contenir, dans cet ordre :
- le titre, l’année et le·la réalisateur·rice ;
- l’intrigue résumée en 3 phrases (sans tout dévoiler) ;
- une scène marquante (décrite brièvement) ;
- un avis nuancé avec au moins un connecteur (même si / en revanche / pour finir).
Critères d’évaluation
| Critère | Indicateur | Points |
|---|---|---|
| Contenu et structure | 4 éléments présents et ordonnés | 4 |
| Richesse lexicale | ≥ 6 mots de cinéma employés correctement | 3 |
| Opinion nuancée | connecteur + verbe d’opinion adaptés | 2 |
| Fluidité et prononciation | débit continu, sans lecture | 3 |
| Total | 12 |
5. Réfléchir Link to heading
- Je peux comprendre l’essentiel d’une présentation orale sur un film.
- Je peux nommer au moins deux repères du cinéma québécois (ex. l’ONF, le cinéma direct).
- J’emploie au moins six mots du vocabulaire du cinéma.
- Je peux présenter un film en continu (~90 s) sans lire mes notes.
- Je sais exprimer une opinion nuancée avec un connecteur.
- Je reconnais que les traits du français québécois sont des variantes, non des fautes.
Évaluation Link to heading
Devoir surveillé — compréhension audiovisuelle et production orale (Niveau E)
Tâche 1 — Compréhension orale / audiovisuelle (10 pts). L’enseignant·e lit (ou diffuse une présentation orale enregistrée en classe) un texte de type « présentation de film ». Répondez à 5 questions : région/pays du film, réalisateur·rice, sujet/intrigue, une scène citée, avis du locuteur (positif/nuancé/négatif + justification).
Tâche 2 — Vocabulaire du cinéma (8 pts). Complétez 8 phrases à trous avec les mots étudiés (réalisateur·rice, intrigue, scène, générique, mise en scène, bande-annonce, primé, émouvant).
Tâche 3 — Production orale en continu (12 pts). Présentez un film francophone (~90 s) selon les 4 critères de la partie 4. Évaluation selon le barème de la tâche « Produire ».
Barème total : 30 points.
- Tâche 1 : 10 pts · Tâche 2 : 8 pts · Tâche 3 : 12 pts.
Notes pour l’enseignant·e Link to heading
Minutage (45 min) : Activer 4’ · Apporter 13’ · S’entraîner 13’ · Produire 11’ · Réfléchir 2’ · Aperçu du devoir 2'.
Organisation :
- Aucune diffusion d’extrait de film protégé n’est nécessaire : le cinéma québécois est abordé par référence (titres, contexte, note culturelle paraphrasée). Aucun matériel sous droits n’est reproduit.
- Pour la compréhension orale, lire le texte C posément, deux fois, en marquant les connecteurs.
- La tâche « Produire » peut se faire en binômes (l’un présente, l’autre coche la grille de critères) puis rotation.
Différenciation :
- G : fournir une trame de présentation à compléter et la liste de connecteurs ; viser 60 s.
- M : présentation guidée par les 4 points ; viser 90 s.
- E : exiger une opinion nuancée (subordonnée avec même si), un emploi du subjonctif après ne pas penser que, et interdire la lecture des notes.
Prolongement possible : faire rédiger une courte critique écrite (~120 mots) à partir de la présentation orale, pour travailler l’écrit à la maison.
Sources Link to heading
- « Cinéma québécois » — Wikipédia (contributeurs), consulté en 2026, https://fr.wikipedia.org/wiki/Cin%C3%A9ma_qu%C3%A9b%C3%A9cois, licence CC BY-SA 4.0.
- « Français québécois » — Wikipédia (contributeurs), consulté en 2026, https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ais_qu%C3%A9b%C3%A9cois, licence CC BY-SA 4.0.
- « Office national du film du Canada » — Wikipédia (contributeurs), consulté en 2026, https://fr.wikipedia.org/wiki/Office_national_du_film_du_Canada, licence CC BY-SA 4.0.
- Office national du film du Canada (site institutionnel), https://www.onf.ca/ (référence, non affilié).
- Cinémathèque québécoise (site institutionnel), https://www.cinematheque.qc.ca/ (référence, non affilié).
Téléchargements
Écouter
Le vocabulaire, les dialogues et les textes de cette unité en audio, dits par une voix native. Le texte parlé figure en dessous.
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un·e réalisateur·rice · un·e acteur·rice · un personnage · l'intrigue (f.) · une scène · une bande-annonce · le générique · la mise en scène · primé·e · émouvant·e
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Aujourd'hui, je vous présente un film québécois que j'ai découvert en atelier.
D'abord, le contexte : c'est une œuvre en français, tournée au Québec, avec un accent différent de celui qu'on entend à Paris. La réalisation est soignée et la mise en scène met en valeur les paysages d'hiver.
Ensuite, l'intrigue : un personnage arrive dans un nouveau milieu et doit trouver sa place. Peu à peu, il tisse des liens avec les autres et affronte un passé difficile. Le récit avance lentement, mais chaque scène compte.
De plus, un moment m'a particulièrement ému·e : une conversation très simple, presque sans musique, où les silences en disent plus que les mots.
Pour finir, mon avis : j'ai bien aimé ce film, même si le rythme est calme. Je le recommande à qui veut découvrir le français du Québec et un cinéma sensible. Ce n'est pas un film d'action, mais il reste longtemps en mémoire.
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Contenu et structure · Richesse lexicale · Opinion nuancée · Fluidité et prononciation · Total

